Les mines d’or sénégalaises sont situées dans l’une des zones les plus pauvres du pays. Alors qu’une majorité du précieux minerai est exportée vers la Suisse, “Le Temps” a remonté la filière aurifère pour comprendre les rouages d’un commerce qui n’a rien d’équitable. Reportage aux frontières du Mali et de la Guinée, dans la région de Kédougou, dans un monde interlope entièrement dévolu à la prospection minière.
Au-delà de Niokolo-Koba, plus grande réserve naturelle du Sénégal, la route débouche sur la région de Kédougou, aux frontières du Mali et de la Guinée. Si vous n’avez pas percuté un babouin ou un phacochère en traversant la forêt, vous arriverez à Mako, qui enjambe le fleuve Gambie, en une dizaine d’heures de trajet depuis Dakar. Les files de camions-citernes maliens et les véhicules évacuant le matériel militaire des forces de l’ONU expulsées du Mali sont derrière vous. L’horizon s’ouvre alors sur un territoire grand comme un tiers de la Suisse. Un territoire qui regorge de ressources naturelles, de minerais et où sont disséminées des centaines de mines d’or. Une région où 70 % de la population est pauvre, le taux le plus élevé du pays. Et, ici, on commence à trouver cela bizarre.
Contrairement à certains États voisins, le Sénégal n’est pas un grand pays aurifère. À Kédougou, c’est pourtant une ruée vers l’or à laquelle on assiste, alimentée par un cours en hausse constante du précieux métal considéré comme une valeur refuge dans un monde en crise. Une fièvre qui gagne les grandes sociétés minières, des Sénégalais de l’ouest et des migrants. Les prospecteurs les plus nombreux sont toutefois les agriculteurs locaux, convertis par milliers à l’orpaillage dans des petites mines traditionnelles. Organisées par les communautés villageoises, ces dernières se distinguent des mines industrielles contrôlées par des multinationales, dont les clients sont souvent suisses.
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