« Retracer l’aspect monumental de cette prouesse technologique »: une exposition inédite à la gare de Monaco

« La mise en souterrain de la voie ferrée. 1958-1999 ». Celle-ci retrace les entreprises ferroviaires du défunt prince Rainier III, dont la mise en sous-terrain de la gare. Vincent Vatrican, directeur de l’Institut audiovisuel de Monaco et fier commissaire de l’exposition, revient sur presque un demi-siècle de prouesses techniques.

À l’époque, l’enfouissement de la gare de Monaco apparaît comme une véritable révolution, pouvez-vous nous en faire une rétrospective?

L’arrivée du train à Monaco remonte à 1868 et pendant un siècle, le chemin de fer traversait de bout en bout Monaco à l’air libre. Au départ, cette mise en souterrain de la gare a été une nécessité pour développer Monaco et notamment le quartier de Monte-Carlo. Puis Rainier III, qui arrive sur le trône en 1949, s’est dit qu’il fallait sans doute envisager de mettre en souterrain la gare, qui va devenir un réel bénéfice pour la Principauté dès sa modernisation. Ces travaux se sont déroulés en deux phases. La première concernait la partie zone Est, c’est-à-dire la gare de Monte-Carlo, qui était en dessous du Casino. Le chantier a duré de 1958 à 1964 et il n’y avait alors plus qu’une gare en état de fonctionnement: celle à la Condamine qui regroupait Monaco et Monte-Carlo. La deuxième phase est arrivée dans les années 70, sur la partie Ouest de la voie ferrée, qui était encore à l’air libre, et que le Prince a décidé d’enfouir. L’inauguration de la gare comme on la connaît aujourd’hui a lieu en décembre 1999 par le souverain Rainier III et sa famille. C’était important pour nous de tirer un coup de chapeau au Prince car ce chantier a couvert son règne et duré sur quasiment 50 ans.

Concrètement, quels ont été les avantages de ces aménagements?

Le premier avantage, c’était surtout pour le paysage urbain. Cette balafre que représentait cette voie de chemin de fer n’existait plus. Pour Monaco, cela a entraîné plus de terrains à bâtir, des constructions, des immeubles pour loger les Monégasques… Il y a eu plein de bénéfices comme l’urbanisation du quartier du Larvotto, totalement reconfiguré grâce à l’enfouissement de la voie de chemin de fer.

Quel qualificatif peut-on attribuer au souverain Rainier III concernant le ferroviaire?

On peut parler de « vision ». Cette décision n’a pas été facile, il a dû la prendre contre l’adversité. Les gens étaient habitués de voir à l’air libre les locomotives à vapeur mais on oublie tous les désagréments que ça pouvait apporter comme le bruit ou le fait d’être incommodé par les fumées… Il a eu cette vision que ce transport devait passer par la mise en souterrain. Cela a fluidifié le trafic.

Comment avez-vous pensé cette exposition et quels sont les retours?

On a essayé de retracer l’aspect monumental de ces travaux, de cette prouesse technologique, notamment dans la deuxième phase. Cette gare est l’une des plus longues d’Europe avec cette espèce de boyau très moderne. La gare a 25 ans et je trouve qu’elle est encore très contemporaine grâce au choix des techniques et des matériaux. On a accroché des visuels dans les deux galeries d’accès, côté Sainte-Dévote et coté Condamine, pour attirer le regard des gens qui souvent tracent leur chemin sans forcement regarder autour. Il y a également des rappels visuels par l’entrée du haut… et les voyageurs qui ont un peu plus de temps peuvent s’aventurer au cœur de l’exposition. Dans l’espace imparti, les retours sont très positifs, notamment sur la précision des informations qu’on donne ou encore le choix des photos. On a beaucoup travaillé sur les archives pour avoir des documents rares et inédits afin de bien valoriser ce travail.

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