Rugby : le Bourges XV privé de son terrain ce dimanche pour des raisons de sécurité

Jusqu’au dernier moment l’incertitude aura plané sur le match de Fédérale 2 prévu entre Bourges et Riom ce dimanche 22 octobre . En effet, le stade Alfred Depège, où évolue habituellement le Bourges XV, n’est pas homologué pour des raisons de sécurité. Jusqu’ici les rencontres s’y tenaient grâce à des dérogations, mais c’est désormais fini. Faute de travaux, réclamés depuis plusieurs années à la mairie, la Fédération a notifié la semaine dernière au club sa décision d’interdire la tenue de matchs. Le match prévu ce dimanche contre Riom aura finalement lieu au stade Jean Brivot, sur pelouse synthétique. Situation de replis, qui ne répond pas sur le fond à la problématique du stade Alfred Depège.

Des travaux réclamés de longue date

Cela fait plus de cinq ans que des travaux sont réclamés, pour mettre le stade Alfred Depège en conformité avec les règles de sécurité. Ce qui pose problème, ce sont les pistes d’athlétisme qui entourent le terrain de rugby, qui sont composées notamment de zones de sables potentiellement dangereuses. Or, le protocole commotion exige minimum 3,50 mètres entre la ligne de touche et le garde-corps, sans obstacles. « Depuis quatre ou cinq ans, on avait le droit à des homologations provisoires en attente de travaux. Sauf que les différents maires qui se sont succédé n’ont jamais pris le problème à bras-le-corps » regrette le président du Bourges XV, Geoffroy Gazeau. Selon le président du club, le couperet est tombé lors du match contre Sarlat, il y a une quinzaine de jours. Un délégué de la Fédération les a avertit qu’il allait dresser un rapport, et que le stade risquait fort probablement d’être interdit.

Pour sécuriser le terrain, il faudrait à minima recouvrir les zones d’athlétisme avec du synthétique sur un enrouleur, selon un représentant de la Fédération de rugby, bon connaisseur des règles en matière d’homologation. Une installation qui peut sembler relativement facile à mettre en place, mais elle est coûteuse selon l’adjoint à la mairie de Bourges en charge des Sports, Renaud Mettre : « c’est quand même des sommes assez conséquentes parce que 2×150 mètres de long sur 3 mètres de large, donc on est autour de 80.000 à 100.000 euros. Avec un enrouleur à trouver, et un espace de stockage à reformer« . Étant donné que les sommes à débourser sont importantes, il va aussi falloir faire un appel d’offres, ce qui – logiquement – allonge encore les délais. Mais la municipalité assure tout faire pour être le plus rapide possible. Reste une question en suspens : qui va s’occuper de dérouler et réenrouler la pelouse synthétique à chaque fois, et de la stocker ? Municipalité et club pourrait sur cette question se renvoyer chacun la balle.

Un stade laissé à l’abandon par les municipalités ?

Ce défaut d’homologation illustre plus largement la situation du stade Antoine Depège, en mauvais état depuis des années. « Chacun a ses priorités. Dépège reste figé (…) ca fait une quarantaine d’années que je viens (…) Il n’y a jamais eu d’évolution ou de travaux faits (…) De par le couteau sous la gorge que l’on a aujourd’hui, on va être obligés d’y passer tôt ou tard » analyse le président du club, Geoffroy Gazeau. « Ce sont des choix effectivement » reconnaît l’adjoint au maire en charge des Sports, avant de poursuivre : « cette année, j’ai plutôt décidé de travailler sur les toitures de sept gymnases qui fuyaient ou qui étaient menaçants. Il y a déjà beaucoup de travaux qui ont été faits pour le rugby. L’année dernière on a dépensé 600.000 euros sur un terrain synthétique au stade Jean Brivot [là où le Bourges XV accueillera Riom ce dimanche]. On a mis 145.000 euros encore là cette année pour réaménager et remettre un coup de neuf et de frais sur les vestiaires, les latrines, les douches et l’aération, donc il n’y a pas rien qui est fait ! » se défend Renaud Mettre. L’élu souligne qu’il doit faire avec un budget contraint d’environ 1,8 à 1,9 millions d’euros par an pour faire des travaux; à répartir entre 55 stades et gymnases, et 250 aires sportives.

Des matchs de PRO D2 et du Tournoi des Six Nations jeunes déclinés à Bourges

En raison de l’état du stade, plusieurs grands matchs ont été déclinés, selon Geoffroy Gazeau. Quasiment tous les ans, il se serait vu proposer d’accueillir un match du Tournoi des Six Nations U20; un bel événement, d’autant plus que les Français sont champions du monde. « Nous sommes incapables de le recevoir, car le terrain n’est pas aux normes » déplore Geoffroy Gazeau. Dans le même esprit, la proposition d’accueillir en juillet un match amical entre l’USON Nevers Rugby et Aurillac, clubs de PRO D2, aurait été déclinée par la Ville. Au delà du bénéfice financier que cela pourrait apporter au rugby berruyer, ce sont aussi des matchs importants en termes d’attractivité. « Effectivement, ils voulaient jouer sur le stade Jacques Rimbault je crois » se souvient l’adjoint aux Sports, Renaud Mettre. Le stade Rimbault accueille habituellement les matchs de foot, et sa pelouse vient d’être refaite. « Le temps que les racines prennent, la transformation du terrain en rugby, puis reformation en foot, avec les tracés, les intrants qu’il faut mettre en place, ca n’était pas possible pour mes services, donc on a décliné » explique l’élu. « Ca n’est que partie remise » ajoute-t-il.

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