Sénégal : le Premier ministre remet en question la présence de bases militaires françaises sur le territoire
Le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko a évoqué la possibilité de fermer les bases militaires françaises sur le territoire, lors d’un discours prononcé jeudi à une conférence de presse conjointe avec le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon, à Dakar. Souverainiste et pourfendeur du panafricanisme social, ce vif opposant au précédent président du Sénégal Macky Sall a été nommé Premier ministre après la victoire de Bassirou Diomaye Faye à l’élection présidentielle.
« Plus de soixante ans après nos indépendances, nous devons nous interroger sur les raisons pour lesquelles l’armée française par exemple bénéficie toujours de plusieurs bases militaires dans nos pays, et sur l’impact de cette présence sur notre souveraineté nationale et notre autonomie stratégique », a déclaré Ousmane Sonko, arrivé à la tête du gouvernement sénégalais il y a quelques semaines.
« Je réitère ici la volonté du Sénégal de disposer de lui-même, laquelle volonté est incompatible avec la présence durable de bases militaires étrangères au Sénégal », a-t-il affirmé, précisant que cela ne remettait toutefois pas en question les accords de défense avec l’Hexagone. « On peut avoir des accords de défense sans que cela ne justifie que le tiers de la région de Dakar soit occupé aujourd’hui par des garnisons étrangères », a-t-il précisé. Actuellement, 350 soldats français sont déployés au Sénégal.
Critique d’Emmanuel Macron
Ousmane Sonko a donné quelques heures auparavant une conférence devant les étudiants de l’université de Dakar avec Jean-Luc Mélenchon sur les relations entre l’Afrique et l’Europe. Un discours très critique envers l’ancienne puissance coloniale française et Emmanuel Macron, accusé d’avoir soutenu le précédent président du Sénégal Macky Sall face à l’opposition dans le pays. « Vous n’avez jamais entendu le gouvernement français dénoncer ce qui s’est passé », a fustigé le Premier ministre sénégalais.
Ces déclarations interviennent dans un contexte de fort rejet de la puissance militaire française dans les pays d’Afrique de l’Ouest. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, pays voisins du Sénégal, ont mis fin à leur coopération avec la France ces derniers mois après la prise de pouvoir de juntes militaires . L’armée française était présente depuis des années sur ces territoires dans le cadre d’accord de défense pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel.
La nature ayant horreur du vide, c’est la Russie qui a, depuis, remplacé la présence française en déployant un appui à ces Etats en matière de sécurité. Un mouvement de longue date, mais qui s’est dernièrement accéléré. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont également quitté la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et formé leur propre alliance .
Avec Reuters
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