Sénégal : l’élection présidentielle devrait avoir lieu fin mars, la loi d’amnistie adoptée

Après plus d’un mois d’une crise politique majeure causée par le report de l’élection présidentielle initialement prévue le 25 février, par le président actuel Macky Sall, le Conseil constitutionnel a finalement exigé que le scrutin se tienne fin mars, avant l’expiration du mandat du président Macky Sall le 2 avril. La date exacte semble encore confuse, la présidence annonçant que le 1er tour aurait lieu le 24 mars, le Conseil constitutionnel le fixant, lui, au 31 mars.

Fin de crise ?

Le 2 février, Macky Sall, à la tête du Sénégal depuis 2012, avait plongé le pays dans une grave crise politique. Si la décision du report de l’élection avait été invalidée le 15 février par le Conseil constitutionnel, les Sénégalais étaient depuis dans l’incertitude et dans l’attente d’un déblocage politique. Si le calendrier électoral s’est soudain accéléré, une question demeure. Un premier tour le 31 mars, ou même le 24, ne permettrait pas d’investir un nouveau chef d’Etat avant le 2 avril. Dans ce laps de temps, entre la fin du mandat de Macky Sall et l’élection de son successeur, qui sera à la tête du pays ?

La présidence sénégalaise a par ailleurs acté cette brusque évolution du calendrier en annonçant dans la soirée du mercredi 6 mars que le premier ministre Amadou Ba était « libéré » de son poste pour mener campagne. Il est remplacé par le ministre de l’Intérieur Sidiki Kaba, selon un porte-parole.

La loi d’amnistie adoptée

Parmi les 19 candidats qui vont devoir se départager lors du scrutin, on retrouverait le candidat antisystème Bassirou Diomaye Faye, détenu depuis avril 2023. Celui-ci pourrait être amnistié, après le projet de loi approuvé par l’Assemblée nationale, mercredi 6 mars dans la soirée. Les députés sénégalais ont en effet adopté cette loi d’amnistie des actes liés aux violences politiques des dernières années, par 94 voix pour et 49 contre.

Cette loi est pourtant vivement critiquée par l’opposition et même par certains membres du parti de Macky Sall. Elle vise l’amnistie générale sur tous les événements survenus depuis 2021, c’est-à-dire sur les grandes manifestations qu’a connues le Sénégal pour protester contre l’arrestation et l’incarcération de l’opposant Ousmane Sonko, puis pour dénoncer le report de l’élection. Au cours de ces manifestations, au moins 60 personnes, surtout des jeunes, ont été tuées par les forces de sécurité. Beaucoup estiment que ce texte – présenté par le président comme une opportunité « d’amnistie et de pardon (…), des vertus salutaires pour la nation » et qui permettrait la libération d’opposants emprisonnés – n’a qu’un seul but : assurer aux forces de sécurité, au gouvernement et à Macky Sall lui-même une impunité lorsque des comptes seront exigés par les Sénégalais.



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