« Sentinelles », la série française qui vous plonge dans les coulisses de l’armée, débarque sur OCS

Tous ceux qui ont vu L’Embuscade, le film de Jérôme Fritel de 2014 sur l’embuscade d’Uzbin, en Afghanistan, filmé à la manière du film Valse avec Bachir vont être saisis par l’ouverture de Sentinelles, la nouvelle série en sept épisodes d’OCS en lien avec l’opération Barkhane au Mali.

Imaginez-vous au sein du 22e régiment d’infanterie en pleine Opération Barkhane. Le véhicule est immobilisé, obligeant la patrouille à sortir de l’habitacle, se mettant immédiatement à découvert sous le feu ennemi.

Comment distinguer la provenance des tirs dans le fouillis des roches, des ombres du village voisin, dans la fournaise du désert? Comment différencier autochtones et djihadistes de Boko Haram? Et surtout comment tenir dans l’attente de renforts?

C’est sans doute la première fois qu’une création française ose porter son œil sur un conflit en cours. Un conflit terriblement d’actualité même si la crise ukrainienne a placé au second plan la situation malienne. C’est d’ailleurs dans cette zone que se trouve le seul otage français détenu à l’étranger, le journaliste Olivier Dubois. La création américaine, elle, a toujours su, notamment sur les conflits récents, raconter en fiction ses propres conflits, particulièrement ceux au Moyen-Orient: Homeland, Over There, Generation Kill, The Long Road Home. La fiction française s’essaie donc pour la première fois à ce délicat exercice.

Raconter l’intimité de l’armée

Mais pas question de chercher une raison idéologique ou de raconter l’engagement au Mali, Sentinelles permet surtout de pénétrer dans l’intimité de la « grande muette », dans sa grandeur et ses idéaux, comme dans ses côtés obscurs, sur fond d’arrangements et de népotisme.

Alors que les séries sur les arcanes de la police et de la gendarmerie pullulent, rien n’a jamais été fait sur l’armée. La fiction permet de comprendre qui sont les hommes et les femmes qui s’engagent, et pourquoi.

Une photo de l’armée française dans toute sa diversité

Là où il est facile de montrer un flic borderline et sombre comme dans Braquo, il est plus difficile de jouer avec la ligne rouge quand on parle de l’armée. C’est presque un sujet tabou. C’est une ligne de crête que Sentinelles emprunte pourtant avec brio. En revanche, sans forcément raconter une histoire vraie, Sentinelles permet de prendre en photo l’armée française dans toute sa diversité: une femme lieutenant, un caporal noir et musulman, le fils d’un éminent général blanc, un soldat musulman et d’origine maghrébine… Le casting de la série est à son image, jeune et ambitieux.

On y retrouve Pauline Parigot (Les Revenants), Louis Peres (Germinal), Yannick Choirat (Les Témoins, Les Anonymes), Samy Seghir (Neuilly sa mère, sa mère, Ils étaient 10, La Terre et le Sang), Antoine Pelletier (Mixte) ou encore Issaka Sawadogo (Guyane, Walter).

À l’origine du projet, on retrouve le duo composé de Thibault Valetoux (Paris Police 1900, Totems) et Frédéric Krivine (Un village français, PJ). La réalisation, elle, a été confiée à Jean-Phillipe Amar (Un village français, Xanadu). Présentée en avant-première à Lille lors du festival Série Mania, la série avait vraiment bluffé son monde. Ceux qui se souviennent de Loin de chez nous, la seule série française autour de l’armée et du conflit afghan réalisé par Fred Scotlande sortie en 2016, ne seront pas dépaysés. Sentinelles a gardé ce qui avait marché dans Loin de chez nous: de l’authenticité, un casting jeune, une volonté de raconter des histoires humaines plutôt que de raconter la guerre. En résumé, deux belles et franches réussites.


Sentinelles, ce mardi, à 20h40, sur OCS Max.

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