Océane Amsler cumule plus d’1,5 million d’abonnés sur YouTube et 1,7 million sur TikTok. L’ancienne candidate de téléréalité, dont les vidéos de divertissement s’adressent à un public majoritairement féminin, déplore le manque de représentativité des femmes sur les réseaux sociaux ; à l’instar du Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE) qui remet un rapport accablant ce mardi au gouvernement.
Le HCE, qui publie ce mardi un rapport sur le sexisme des réseaux sociaux, regrette l’absence des femmes dans les contenus populaires de plates-formes comme YouTube, Instagram et TikTok. Qu’en pensez-vous ?
OCÉANE AMSLER. C’est le reflet des stéréotypes de notre société. C’est essentiel pour moi de m’exprimer sur cette question, car ne pas en parler contribue largement à perpétuer le problème. J’ai commencé YouTube il y a trois ans parce que justement, je ne voyais pas beaucoup de filles se lancer dans la création de contenus mainstream, du divertissement qui ne soit pas stéréotypé. À mon échelle, le moins que je puisse faire, c’est d’être présente sur la plate-forme. Je veux montrer aux filles qui veulent faire des vidéos que c’est possible, qu’on peut lancer de gros projets, que ce n’est pas réservé aux hommes.
Beaucoup se plaignent de voir peu de femmes dans les vidéos produites par des créateurs masculins…
Les hommes ont un rôle à jouer, bien sûr. Ma visibilité fait que j’ai la chance d’avoir été invitée par des créateurs sensibilisés à ce sujet, mais c’est vrai que ce n’est pas la majorité. Ceux qui m’invitent le font parce que leur copine me suit et qu’ils ont appris à me connaître et à être ouvert d’esprit. Certains estiment encore que le public féminin n’est pas leur cible, que ça ne va pas leur rapporter. Il y a une forme de calcul.
En tant que créatrice de contenu, comment êtes-vous confrontée au sexisme ou aux stéréotypes de genre, et comment s’en protéger ?
J’ai eu beaucoup d’appréhension en me lançant sur Twitch, qui est une plate-forme encore très masculine, avec mes codes qui sont complètement différents. Mais mon public me ressemble, ça me permet de m’assumer comme je suis. Je me protège en m’adressant à une communauté qui est à mon image. Créer du contenu pour les femmes, ça permet de nous rapprocher, d’être solidaires et de nous rendre plus fortes. Paradoxalement, je me protège en étant de plus en plus présente, sans me plier aux codes qu’on nous assigne en tant que femme.
Pensez-vous que les recommandations du HCE, notamment une auto-évaluation annuelle des plates-formes, peuvent aider à faire bouger les lignes ?
C’est une bonne chose, ça va dans le bon sens pour réguler ce système parfois injuste. J’en ai discuté avec YouTube qui affirme travailler pour faire évoluer des algorithmes qui sont encore très masculins, et a mis en place le programme « Elles font YouTube » pour mettre en lumière les créatrices et rendre la plate-forme plus inclusive. Mais je pense que la marge de manœuvre reste limitée. Il faut aussi encourager les créatrices de contenus à oser proposer du contenu mainstream comme le font les hommes, et il y en a déjà, je suis loin d’être la seule. Je crois qu’il faudrait aussi que les médias abordent plus le sujet du féminisme avec des créateurs masculins. C’est aussi à eux qu’il faut poser la question, pas uniquement à nous. Faisons-les réfléchir et s’exprimer sur le sujet. Les sensibiliser à cette question leur permettrait peut-être de prendre plus conscience du problème.
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