Siemens plaide pour « la bonne technologie, au bon endroit ». Au bon moment.

Les processus d’approvisionnement sont habituellement très hermétiques. Les participants sont discrets. La Ville ne commente pas. On évoque des clauses de confidentialité pour ne pas nuire au processus.

Siemens a choisi cette semaine de déroger à la règle. Dans les corridors de l’hôtel de ville, cette sortie laisse perplexe.

Technologie hybride

D’ici l’automne, Siemens et Alstom doivent préparer chacune une proposition technique et financière pour le volet matériel roulant du projet dont les critères sont déjà bien établis. Le Bureau de projet a retenu une ligne de contact aérien pour alimenter les rames en électricité. Une technologie fiable, été comme hiver, et performante dans les pentes, a-t-on expliqué lors de l’état des lieux en janvier.

Siemens veut plutôt présenter un train hybride, qui prévoit une alimentation par fil, dans le tunnel par exemple, et par batteries sur environ le tiers du parcours de 19 km. Cette information a d’abord été publiée par le Soleil. Radio-Canada a pu confirmer ces informations par la suite.

Cette technologie, dit-on, répond à un souhait formulé par le candidat à la mairie, Bruno Marchand, l’automne dernier. Il s’engageait à enfouir les fils là où c’était possible. Il cherchait une solution innovante.

Bruno Marchand, candidat à la mairie de Québec.

Photo : Radio-Canada

Le discours du maire Bruno Marchand a évolué depuis. Il faut désormais une technologie éprouvée. C’est là que le bât blesse. Même si c’est un secteur en constante évolution, la technologie n’est pas encore suffisamment utilisée dans le monde pour que le Bureau de projet l’inclut dans ses critères.

Le tramway de Québec ne doit pas servir de banc d’essai pour Siemens.

Carte de visite

Siemens reconnaît que si le projet de Québec utilise la technologie hybride et que c’est un succès, ça deviendra une carte de visite pour la suite des choses.

Le projet de Québec est petit, les risques sont moins grands, mais l’élan pour la compagnie pourrait être significatif, croit Gilles Levasseur, professeur en gestion et en droit de l’Université d’Ottawa.

Mais le groupe se défend : ce n’est pas la motivation première. On croit fermement que c’est la bonne technologie au bon endroit.

Visibilité

Néanmoins, Siemens choisit de faire parler d’elle.

Le groupe déploie bien des efforts pour se faire voir depuis quelques mois. Dans une récente vidéo tournée à Québec et présentée aux Assises de l’UMQ, le chef de la direction, Yves Desjardins-Siciliano, vante les mérites de la technologie hybride. C’est le meilleur des deux mondes, affirme-t-il.

Le duo batteries/fils permet, selon lui, de protéger le caractère historique de la Ville sans encombrer les quartiers densément peuplés de fils.

Siemens a également été partenaire d’une activité très courue en début d’année à la Chambre de commerce et d’industrie de Québec.

Retour à la case départ?

Siemens va prendre sa décision dans les prochaines semaines. Le groupe doit trancher avant que le travail ne soit trop avancé.

S’il se retire, il n’y aura plus qu’un seul groupe dans la course, Alstom. La Ville de Québec va se retrouver devant le même dilemme qu’il y a un an : annuler l’appel de propositions ou négocier de gré à gré avec le groupe restant.

La deuxième option avait été écartée par l’administration Labeaume l’an dernier.

Cette fois-ci, ce pourrait être différent. Il faudra calculer ce qui est le moins risqué entre négocier avec Alstom ou reprendre le processus dans un contexte de rareté de main-d’oeuvre et d’inflation.

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.