Société. Des Coteaux au Sénégal, la solidarité comme école de vie pour de jeunes Mulhousiens

Les adages sont souvent pertinents. Celui voulant que « les voyages forment la jeunesse » confirme ce principe, à voir et écouter les acteurs du projet solidaire mené en février dernier, une expédition qui les a durablement et profondément métamorphosés. « On a une nouvelle approche du confort dont on dispose : là-bas, ils ont moins qu’ici et ils sont heureux », glissera à ce titre l’un des neuf participants à cette folle idée de voyage née dans l’esprit de jeunes filles du quartier des Coteaux.

« Une vraie osmose dans le groupe »

Entendu par l’équipe de l’association familiale et sociale l’Association familiale et sociale des Coteaux à Mulhouse, l’ Afsco donc, ce désir a trouvé un écho auprès d’Abdulaye Diallo, lequel souhaitait conduire une action solidaire au Sénégal où plongent ses racines familiales. « J’ai grandi dans le quartier et fréquenté l’Afsco dans ma jeunesse, cela m’a apporté de la stabilité et appris le vivre-ensemble, c’était une deuxième famille et je voulais partager cela avec des jeunes, mais aussi faire quelque chose pour le village d’origine de ma maman », explique pudiquement celui qui a ainsi fédéré les bonnes volontés autour de la construction d’un préau pour les écoliers de Wodobéré.

Rejoint par des garçons, le projet a pris de l’ampleur au gré des actions menées pour le financer tout en forgeant la cohésion de l’équipe décidée à le mener à bien. Une entreprise pas forcément évidente : « Les gens nous ont fait un peu peur ici avant notre départ, mais je peux vous assurer qu’une vraie osmose s’est créée dans le groupe ! », assure Zaya Merimeche, animatrice de l’espace jeunes de l’Afsco, particulièrement impliquée dans le pilotage des opérations. Ce, en lien avec Espoir et Avenir dont le trésorier, James Sow, rappelle que le but de cette association est précisément « d’amener des jeunes des quartiers en Afrique pour y apporter de l’aide et en retour, mesurer la chance qu’ils ont ».

Des mois durant, les efforts se sont multipliés avec enthousiasme, se matérialisant par des travaux de menuiserie, l’organisation d’un dîner de gala avec défilé de mode, le ramassage de déchets et la sensibilisation à la problématique des déchets en partenariat avec le bailleur M2A Habitat. « Tout cela n’aurait pas été possible non plus sans les familles qui nous ont accordé leur confiance pour donner l’opportunité aux jeunes de partir », souligne encore Zaya Merimeche en précisant que le coût total du voyage pour les neuf jeunes et les six encadrants, y compris le chauffeur sur place, est revenu à 23 500 €, avec une part de 50 € par jeune. C’est dire qu’il a fallu huile de coude et investissement en temps pour parvenir à 10 000 € d’autofinancement, en plus des dons de particuliers et subventions exceptionnelles, dont 6 000 € venant de la Ville de Mulhouse, la sous-préfecture et la Caisse d’allocations familiales.

Huile de coude et investissement

« Vous m’avez épatée, vous êtes géniaux ! », résume une femme présente à la restitution du projet, dans la salle de spectacle de l’Afsco. À l’instar de toute l’assistance, elle a été touchée par les sourires et l’émotion, la simplicité aussi de ceux qui ont vécu l’aventure de leur vie sous le soleil poudré du Sénégal, à mettre autant de ciment entre les briques que dans leur lien avec leurs hôtes de Wodobéré. Davantage qu’un préau, c’est leur dignité et leur humanité que ces jeunes Mulhousiens ont érigées. Ça tombe bien : d’autres voyages sont en projet avec les équipes de l’Afsco.

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