Soupçons de traite d’êtres humains: plus de 300 Indiens ont été débarqués d’un vol en provenance de Dubaï dans un aéroport de l’est de la France

Deux gardes à vue débutées vendredi ont par ailleurs «été prolongées samedi soir, pour une durée maximale de 48 heures», a indiqué le parquet de Paris à l’AFP, «afin de vérifier» si le rôle de ces deux personnes «a pu être différent de celui des autres dans ce transport, et dans quelles conditions et avec quel objectif».

Un signalement anonyme

L’avion, un Airbus A340 de la compagnie roumaine Legend Airlines, avait atterri jeudi après-midi sur la piste de Vatry, un petit aéroport près de Reims (est) essentiellement utilisé par des transporteurs low-cost. L’appareil devait initialement relier Dubaï (Emirats arabes unis) à Managua, capitale du Nicaragua.

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Mais ce qui ne devait être qu’une escale technique s’est transformé depuis jeudi après-midi en longue immobilisation, après un «signalement anonyme» selon lequel des passagers étaient «susceptibles d’être victimes de traite des êtres humains» en bande organisée, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP vendredi. Les passagers, débarqués, sont toujours confinés dans le hall d’accueil de l’aéroport, a constaté samedi un journaliste de l’AFP. Ils y demeurent depuis jeudi soir, l’endroit ayant été transformé par arrêté préfectoral en zone d’attente pour étrangers.

Equipage «auditionné et autorisé à repartir librement»

L’enquête, menée par une juridiction française spécialisée dans la lutte contre le crime organisé, vise à «vérifier si des éléments viendraient corroborer» les soupçons de traite d’êtres humains, selon le parquet. Outre l’identité des passagers et des personnels navigants, les enquêteurs vérifient les «conditions et objectifs de transport» de ces personnes, a-t-il précisé.

L’avion de la compagnie Legend Airlines, immobilisé sur le tarmac. — © FRANCOIS NASCIMBENI / AFP

La trentaine de membres de l’équipage, 15 pour la liaison Dubaï-Vatry et 14 ou 15 pour le trajet Vatry-Managua, «ont été auditionnés et autorisés à repartir librement, et à rentrer chez eux s’ils le souhaitent», a indiqué samedi à l’AFP Liliana Bakayoko, qui se présente comme l’avocate de la compagnie aérienne.

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Legend Airlines «n’a effectué que quelques vols sur ce trajet, toujours pour le même client» non européen, a-t-elle ajouté, précisant que l’entreprise compte «se porter partie civile si des poursuites sont lancées par le ministère public, ou porter plainte» dans le cas contraire. Des bâches ont été installées devant les baies vitrées du hall d’accueil de l’aéroport, ainsi que sur les bâtiments administratifs à proximité. L’accès reste bloqué par la police et la gendarmerie, a constaté un journaliste de l’AFP.

Tenter de traverser illégalement aux Etats-Unis

Selon une source proche du dossier, les passagers indiens, probablement des travailleurs aux Emirats arabes unis, pourraient avoir planifié de se rendre en Amérique centrale afin de tenter ensuite d’entrer illégalement aux Etats-Unis ou au Canada. La loi prévoit que s’il arrive en France par avion et que l’embarquement vers son pays de destination lui est refusé, un étranger peut être maintenu en zone d’attente pendant quatre jours maximum par la police aux frontières.

Ce maintien peut ensuite être prolongé de huit jours par un juge, puis de huit jours supplémentaires à titre exceptionnel. Au maximum, en fonction des recours, le maintien en zone d’accueil peut atteindre 26 jours. L’ambassade d’Inde en France a indiqué vendredi sur X, ex-Twitter, avoir «obtenu l’accès consulaire» et «veiller au bien-être des passagers».

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Des douches et des lits ont été acheminés par les secouristes de la Protection civile. Des toilettes mobiles ont également été déployées, a constaté un journaliste de l’AFP. L’avion, totalement blanc et sans le nom d’aucune compagnie, est toujours immobilisé sur le tarmac. D’après le site spécialisé Flightradar, Legend Airlines est une petite compagnie dont la flotte est composée de quatre avions, dont deux A340-313.


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