Sourd, aveugle, en fauteuil roulant ou atteint d’une maladie psychique… Ils témoignent de leurs espoirs pour le plan handicap à Monaco

Cécité. « Monaco peut leur permettre d’avoir une vie comme tout le monde »

Sienna n’a que trois mois d’existence quand sa maman, Marine Vandeweghe, apprend sa cécité par les médecins. Un monde s’effondre, l’avenir s’annonce sombre pense-t-elle. « Au fond du gouffre, j’étais persuadée qu’elle serait malheureuse », confie cette fonctionnaire depuis 15 ans en Principauté. Une décennie plus tard, sa progéniture n’a pourtant jamais été aussi épanouie, résiliente et forte d’esprit. « Une guerrière », sourit-elle. Brailliste depuis son passage à l’école niçoise du Château et dotée d’un ordinateur spécialisé à 8.000 euros – financé par le Club international des amis des chiens guides d’aveugles à Monaco (CICAM) – Sienna est désormais scolarisée dans une école ordinaire à Drap. Sa différence n’en est plus une.

« Je leur dois tout »

« Son parcours, je le dois au soutien et à la bienveillance de tous les professionnels rencontrés, en France et à Monaco », salue-t-elle. Parmi eux, le personnel de la crèche de la Croix-Rouge à Fontvieille, où Sienna a été scolarisée jusqu’à ses 3 ans, avide de se former à l’accueil d’un enfant aveugle (Grâce à la présence d’une Avéjiste (aide à l’activité de vie journalière), ndlr)« La directrice m’a dit « On mettra tout en place pour qu’elle s’épanouisse, qu’elle ait les meilleurs apprentissages ». Sienna pouvait se déplacer avec des objets sonores et des repères. Elle a appris à marcher, à manger. Je leur dois tout. » 

En la Principauté, et son plan national pour l’inclusion des personnes en situation de handicap, Marine Vandeweghe place un immense espoir. « Cette politique va changer les choses. Il faut que cela ne soit pas seulement de la bonne volonté et des paroles, mais qu’il y ait des actions. Du fait de son petit territoire et de ses moyens financiers, Monaco peut leur permettre d’avoir une vie comme tout le monde, une famille, un travail. Je ne souhaite pas que ma fille soit au chômage. En France, 70% des personnes non voyantes ou très malvoyantes ne travaillent pas », constate Marine Vandeweghe.

Be My Eyes, l’application d’aide

Si la maman de Sienna salue la présence de clous podotactiles avant les escaliers et passages piétons et des lignes de guide, elle plaide pour la démocratisation à Monaco de l’application mobile « Be My Eyes », encore trop méconnue. « Si la personne aveugle a besoin d’aide, elle va activer le bouton « perdu ». Une notification va être envoyée à d’autres utilisateurs – voyants – de l’application qui pourront alors lui porter assistance, détaille-t-elle. On ne pense pas à ces choses-là quand on n’est pas concerné par le handicap. »

L’occasion d’apprendre la technique pour guider une personne malvoyante. « Elle est universelle et assimilable en dix minutes, assure-t-elle. Dans le cadre de la politique de la Principauté, le CICAM aimerait organiser des sensibilisations et ateliers au sein des entreprises et écoles pour leur faire découvrir le handicap. Les enfants sont pleins de questionnements et on demeure tous dans l’ignorance. Mais une fois qu’on connaît la personne, en l’occurrence Sienna, on se rend compte que c’est une personne comme les autres. Elle a la même perception que nous de la vie, mais sans la vue. »

Objectif affiché, donc: balayer les préjugés et faire évoluer les mentalités.

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