« Sûr de lui, vrai combattant » : sur les traces de Magassa, la nouvelle pépite de Monaco made in Île-de-France
Notre série « Made in IDF »
Parce que celles ou ceux qui font l’actualité sont souvent issus de l’Île-de-France, incroyable vivier de talents, notre série d’articles « Made in IDF » vous propose de retourner aux origines de leur histoire. À travers des photos, témoignages de leurs premiers formateurs, éducateurs, dirigeants, qui ont vu l’éclosion de ces pépites d’hier devenues des actrices et acteurs incontournables du sport de haut niveau aujourd’hui.
Et de six ! Pour la sixième fois en autant de rencontres depuis le début de saison, Soungoutou Magassa a fait partie du onze de départ de l’AS Monaco, qui recevait ce vendredi soir Nice à l’occasion de la 6e journée de Ligue 1. Révélation au sein du club, le défenseur central longiligne, âgé de 19 ans, justifie donc pleinement la confiance de son coach, l’Autrichien Adi Hütter, arrivé sur le Rocher durant l’intersaison.
Rien d’étonnant, quand on sait, d’après certains scouts, que le Francilien faisait partie des joueurs les plus attendus de la Coupe du monde U20 (20 mai au 11 juin 2023) avec les Bleuets (éliminés au premier tour). « Il garde la tête sur les épaules et ne se repose pas sur ses lauriers. Pour lui, il n’a encore rien fait », précise son entourage.
L’histoire de Soungoutou Magassa a commencé dans le Val-de-Marne, à Sucy-en-Brie. Originaire du quartier de La Procession, deuxième d’une fratrie de quatre d’origine malienne, il signe sa première licence au club local à l’âge de 6 ans, en 2011.
« C’était un petit garçon sympathique, un peu réservé et très bien éduqué, se souvient l’un de ses entraîneurs, Pascal Reydon, qui s’occupait de l’école de foot. On participait souvent à des plateaux avec des matchs de 6 contre 6. Soungoutou jouait arrière central ou milieu de terrain. Il était déjà sûr de lui et doté d’une belle aisance technique. Quand il recevait le ballon, il regardait à gauche et à droite, possédait un calme et une sérénité rare pour cet âge. »
De solides prestations qui attirent les regards
À l’époque, trois de ses coéquipiers s’appellent Malek Adrar, Gianni Bartoli-Christophe et Emran Soglo. Les deux premiers évoluent désormais à Montpellier, le troisième à Marseille. En avril 2013, Soungoutou quitte le FC Sucy pour jouer une saison à Joinville avant de rejoindre les Lusitanos Saint-Maur.
« Un gamin introverti, super-gentil, calme et posé, avance, d’emblée, Miguel Almeida, responsable de la préformation et de la formation aux Lusitanos. Sur le terrain il répondait toujours présent, c’était un vrai combattant. Il disposait aussi d’un certain bagage technique. »
Avec le maillot des Lusitanos, le natif de Stains (Seine-Saint-Denis) dispute notamment la prestigieuse finale de la Danone Cup (compétition internationale pour les enfants de 10 à 12 ans). Ses solides prestations attirent les regards des structures professionnelles comme l’AS Monaco, qui lui fait signer un contrat aspirant tout en le laissant poursuivre sa formation en région parisienne, près de sa famille.
« Il avait une très grosse intelligence de jeu »
Le garçon s’engage ensuite en 2016 aux Gobelins (appelés désormais Paris 13 Atletico), évoluant en U14 Régional puis en U15 Régional 2. « Il avait soif de progression et était très ambitieux. Nous étions très exigeants avec lui, car il allait ensuite rejoindre un centre de formation comme sept de ses coéquipiers, explique Teddy Da Piedade, son coach en U15. Soungoutou avait une double personnalité : en dehors des terrains, il parlait avec les copains, mais ce n’était pas un leader. En revanche, ce n’était plus le même sur le terrain. Il parlait, encourageait et replaçait ses coéquipiers. J’en avais d’ailleurs fait mon vice-capitaine. »
« Il avait des qualités techniques, avec un jeu long très au-dessus de la moyenne et une très grosse intelligence de jeu. Il jouait milieu défensif. Quand je lui demandais d’évoluer comme défenseur central, il boudait systématiquement. Nous avons eu quelques discussions animées tous les deux… » indique Teddy Da Piedade dans un sourire.
En 2018, direction le Rocher pour terminer sa formation et signer un contrat pro en 2021, un an avant ses débuts avec l’équipe fanion en janvier 2022 en 16e de finale de Coupe de France, contre Quevilly-Rouen (3-1). Après avoir effectué son baptême de feu en L1 contre Rennes, Soungoutou profite du départ de l’international Axel Disasi (Chelsea) et de la confiance de son coach pour s’installer dans le onze monégasque.
Mais il n’en oublie pas pour autant ses racines. L’an dernier, il était venu dans son premier club, à Sucy-en-Brie, s’acquitter des droits d’inscriptions de sa petite sœur Araba en U11. « On n’a qu’une vie, il faut en profiter et toujours être souriant », affirme le défenseur central sur le site Internet de l’AS Monaco, avec qui il est désormais sous contrat jusqu’en 2027. Une citation qu’il applique au quotidien et qui pourrait le mener très loin.
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