Le site d’investigation Insight Crime révèle de nouvelles images de sites d’orpaillage illégaux sur la rivière Lawa, à la frontière entre la Guyane Française et le Suriname.
Selon Starnieuws, un site d’information local, le gouvernement surinamais a reconnu la présence de ces dragues sur la rivière, et s’est engagé à prendre des mesures pour s’en débarrasser.
« Il semble qu’ils travaillent depuis longtemps déjà. Si vous voyez la destruction dans la forêt, au bord de la rivière, il est clair que ce n’est pas une activité récente », affirme Erlan Sleur, expert environemental et fondateur de l’ONG ProBios, qui se consacre à la protection de la biodiversité au Suriname.
La superficie de la fôret amazonienne fait de l’orpaillage illégal un problème transfrontalier, et la Guyane se trouve au coeur du marasme aurifère.
« Jusqu’à 12 000 garimpeiros opèrent chaque année en Guyane Française. Entre cinq et dix tonnes d’or sont ainsi sorties du territoire en contrebande chaque année, ce qui représente des pertes comprises entre 250 et 500 millions d’euros », estime Jean-Michel le Tourneau, chercheur au CNRS, spécialiste de l’Amazonie française et brésilienne.
Selon lui, le problème est presque insoluble puisque : « les garimpeiros peuvent facilement jouer à cache-cache et échapper aux opérations de police, en particulier parce qu’il y a peu de bases opérationnelles avancées à partir desquelles la police et l’armée peuvent intervenir. Les zones sont balayées par des opérations temporaires et localisées. Le gouvernement français ne dispose que d’environ 500 soldats et gendarmes disponibles pour oeuvrer dans la forêt au quotidien. Donc peu de temps après leur départ, les orpailleurs peuvent réorganiser les activités et les lignes d’approvisionnement, et recommencer l’extraction ».
Dragues minières sur la rivière Lawa – ProBios
Pour rappel, l’ensemble des ressources naturelles locales subissent les conséquences des méthodes d’extraction : comme la déforestation, la destruction des sols, l’intensification de l’érosion, la destruction du lit des rivières, ou encore la pollution aux matières en suspension, et notamment au mercure. De très fortes concentrations de toxines sont ainsi retrouvées chez les grands poissons prédateurs, impactant l’ensemble de la chaîne alimentaire, et les populations locales.
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