Suspension de visas au Niger : Paris ne pratique ni « boycott », « ni représailles », assure Rima Abdul-Malak

« Il n’y a aucun boycott », a assuré la ministre de la Culture. Le monde de la culture, par la voix de plusieurs syndicats professionnels, avait protesté jeudi après une directive de l’administration demandant la suspension de toute collaboration avec des artistes du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Invitée sur RTL ce vendredi matin, la ministre de la Culture, Rima Abdul-Malak, a tenu à clarifier les choses, assurant que la France ne pratiquait « ni boycott », « ni représailles » envers ces artistes.

Au vu du contexte sécuritaire, « la France réduit ses équipes dans les ambassades », a-t-elle expliqué. « Il n’est pas donc pas possible de délivrer des visas pour des artistes souhaitant venir en France ». Rien de plus, a-t-elle assuré. Mais « il n’est pas question d’arrêter les échanges avec ces lieux culturels », a souligné la ministre, ajoutant seulement que « les conditions actuelles de mise en œuvre des projets [artistiques] sont rendues très difficiles ».

« On parle de quelques cas de demandes seulement », a-t-elle noté, assurant que les personnes « qui avaient déjà un visa, vont pouvoir venir » en France. Cette situation devrait durer « quelques semaines », selon la ministre de la Culture.

« Une erreur majeure d’un point de vue politique »

Le Syndeac (Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles) et ses homologues avaient vivement réagi dans un communiqué publié jeudi soir, après l’annonce de la directive demandant une suspension de ces collaborations. « Cette interdiction totale concernant trois pays traversés par des crises en effet très graves n’a évidemment aucun sens d’un point de vue artistique et constitue une erreur majeure d’un point de vue politique. C’est tout le contraire qu’il convient de faire », a cinglé le Syndeac.

« Cette politique de l’interdiction de la circulation des artistes et de leurs œuvres n’a jamais prévalu dans aucune autre crise internationale, des plus récentes avec la Russie, aux plus anciennes et durables, avec la Chine », a-t-il ajouté dans le communiqué. La France a interrompu le 29 juillet avec le Niger et le 6 août avec le Burkina Faso toutes ses actions d’aide au développement et d’appui budgétaire. En novembre 2022, elle l’avait déjà fait pour le Mali.


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