Cette année, au Rolex Paris Masters, la finale des sujets les plus discutés de la semaine a opposé le choix du futur capitaine de Coupe Davis et celui du site qui accueillera le tournoi à partir de 2025. Il reste un peu plus de suspense pour le premier que pour le second, puisque le déménagement du Masters 1000 des bords de Seine à Paris La Défense Arena doit être acté en fin d’année.
Mais au-delà de la transhumance du circuit d’est en ouest de la capitale, c’est tout le paysage des épreuves en France qui s’apprête à changer dans deux ans. Avec pas mal de casse sur fond de réorganisation du calendrier ATP.
Aujourd’hui, l’Hexagone accueille un Grand Chelem (Roland-Garros), un Masters 1000 (Bercy) et quatre épreuves labellisées ATP 250 (Montpellier, Marseille, Lyon et Metz). Même s’il se dispute sur le sol français de Roquebrune-Cap-Martin, le Masters 1000 de Monte-Carlo est un cas à part.
Sur les six rendez-vous, deux se préparent à tirer la bâche et un troisième est sous étroite surveillance. Montpellier, dont le directeur est Sébastien Grosjean, se retrouve financièrement dans un équilibre plus qu’instable. Déficitaire depuis plusieurs années, la compétition héraultaise va perdre la moitié de ses subventions. La Métropole, qui garnissait le panier à hauteur de 450 000 balles (et 550 000 pour la région), a décidé de couper les vivres et réaffecter ses aides à d’autres activités. Après 2024, il faudra trouver des partenaires solides… ou un autre point de chute.
Pour Lyon, la problématique est différente. L’Open Parc Auvergne – Rhône-Alpes sera victime de la réforme instaurée par l’ATP. Son président, l’ancien joueur Andrea Gaudenzi, veut rêver plus grand. Les Masters 1000 (le plus souvent couplés aux joueuses de la WTA) ont tendance à s’étaler sur presque deux semaines et l’Italien promeut la formation de « gros » tournois ATP 500.
Il prévoit aussi de s’ouvrir à de nouveaux horizons sonnants et trébuchants (l’Arabie saoudite, en discussions pour racheter Indian Wells ou Madrid au groupe IMG) et pourquoi pas de voir naître un jour un Masters 1000 sur gazon.
Mais le nombre de semaines d’une année de tennis (ou de compétitions pouvant se dérouler la même semaine) n’est pas extensible. Il faut donc que des ATP 250 soient sacrifiés, déplacés, ou se regroupent pour respecter la nouvelle répartition.
Lyon à Munich, la Lorraine rayée de la carte ?
Aux États-Unis, Dallas va absorber Atlanta pour devenir un ATP 500. L’ATP 250 de Doha, cher au président du PSG Nasser Al-Khelaïfi, a racheté à plus de deux fois et demi son prix réel la licence de Newport pour monter à l’échelon supérieur.
À Lyon, les actionnaires (la All In de Tsonga) ne sont pas détenteurs de la licence (ils la louent) et son propriétaire autrichien a fait cause commune avec Munich. Le futur s’écrit donc en Allemagne.
Concernant Metz, dont l’édition 2023 se déroule cette semaine, l’ATP s’agace fortement d’un conflit entre les nouveaux actionnaires majoritaires (la All In de Tsonga) et un groupe de porteurs minoritaires et considère que la cession établie en 2022 (et validée par une décision de la chambre commerciale du Tribunal de Metz) n’a pas respecté son propre règlement. Selon la suite des événements, elle pourrait aller jusqu’à récupérer la date du Moselle Open et rayer la Lorraine de sa carte.
En dehors de la région parisienne, il ne resterait donc plus que l’Open 13 à Marseille pour faire la joie des amateurs de tennis. Sans oublier une myriade de tournois Challengers (il y en a eu 17 cette saison, de Nouméa à Brest). Ça tombe bien. Ce sont en ce moment les épreuves de deuxième division où les joueurs tricolores font leurs meilleurs résultats (26 titres et 24 finales depuis le début de saison)…
« Je ne suis pas inquiet pour la visibilité, glisse pourtant Cédric Pioline, le directeur du Paris Rolex Masters. Avec un Grand Chelem, un Masters 1000 et un ATP 250, on aurait tout de même une exposition supérieure à beaucoup de pays. C’est déjà très bien pour la promotion du tennis. Et rien ne dit que cela ne va pas évoluer dans l’autre sens à l’avenir. »
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