Un beau-père condamné pour viols aux assises à Nice

C’est une famille déchirée qui s’est présentée jeudi devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes. Mohamed Zantour était accusé par Alicia (1), sa belle-fille, qu’il a élevée dès son plus jeune âge, d’agressions sexuelles et de viols à Nice de 2013 à 2015. Les frères d’Alicia défendent, eux, leur beau-père, qu’ils appellent « papa ». Pris dans un conflit de loyauté, ils mettent en doute la sincérité de leur sœur.

Elle avait 11 ans quand elle s’est confiée pour la première fois à une copine de classe et à une voisine. Elle redoutait que sa mère ne la croie pas. Elle a également décrit son malaise dans une lettre laissée à la portée de sa grand-mère. « Ce secret est en moi. Personne ne peut comprendre, même pas ma mère. a me ronge, ça éclatera un jour, j’en souffre énormément. »

Interpellé en 2022

Mohamed Zantour, réfugié en Tunisie avec ses deux fils a été interpellé en 2022 alors qu’il venait de débarquer en Italie. Il a alors été mis en examen pour viols sur mineure de moins de 15 ans par personne ayant autorité, agressions sexuelles et soustraction d’enfants. Il a été remis en liberté l’année suivante à cause d’une bourde de la cour d’appel. Il n’a jamais pu s’expliquer ni devant le juge d’instruction ni devant les services de police. « Je suis innocent », a-t-il déclaré avec force, dès que la présidente lui a donné la parole.

Une matinée émaillée d’incidents

Alors que dix-sept témoins et experts devaient être entendus, le procès a été programmé sur deux jours. Une durée insuffisante, selon les avocats, d’autant qu’une matinée a été consacrée à régler des incidents d’audience. Avant même l’ouverture des débats, Me Paul Sollacaro et Me Lea Charamnac avaient demandé la récusation de la présidente. Récusation rejetée. La présidente a ensuite refusé de saluer Me Charamnac, lui reprochant son initiative. Nouvel incident provoquant l’intervention du bâtonnier. L’ensemble des avocats, y compris ceux des parties civiles, avaient alors demandé le renvoi du procès. La Cour a refusé, conformément à l’avis du parquet, et les débats se sont poursuivis pour finir dans la nuit de samedi à dimanche. L’accusé, qui s’était présenté libre, condamné à seize ans de réclusion et une interdiction définitive du territoire, a été menotté à la barre et conduit en détention. L’avocat général, Ludovic Manteufel, avait requis dix-huit années de réclusion.

« Ma cliente ne cherchait rien d’autre qu’une déclaration de culpabilité, peu importe le quantum, commente Me Cindy Marafico, en défense. L’audience a été pour elle une véritable épreuve même si elle s’y était préparée. » Un second procès en appel est plus que probable.

 

 

1. Le prénom a été changé.

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