Un canal, des canaux


L’expression française « jamais deux sans trois » est l’une des rares qui se traduit au mot près de la même manière dans d’autres langues. Quel que soit le pays, cela sert souvent à expliquer qu’un évènement donné se déroule à nouveau, comme cette répétition était écrite à l’avance. »’

Aujourd’hui, dans la crise actuelle sur la frontière haitiano-dominicaine, cette expression « jamais deux sans trois » a toute son importance historique dans un contexte où les voisins dominicains se croient grands. Assez grands, au point que, avec leur déploiement de force de leurs troupes, ils pensent qu’ils peuvent intimider Haïti et les Haïtiens. Cette terre de liberté, habité par les petits fils de Capoix la Mort et de Jean Jacques Dessalines. 

Effectivement, leur arrogance remonte à plus d’un siècle. Mais depuis des décennies, plus constamment, ils cherchent toute sorte d’excuses pour provoquer une crise diplomatique avec Haïti. 

À la vérité, ils ne sont pas plus grands comme ils le croient.  Pour le moment, Haïti est tout simplement agenouillée dans un processus d’une transition qui n’en finit pas.  

Tout en gardant Haïti à genoux, de leur position de raciste, comme du temps du massacre des Haïtiens de l’autre côté de la frontière, les dominicains pensent qu’ils sont grands. Mais ils ne le sont pas.  Ils sont tout simplement des petits, avec l’envie d’être grands.

Quant à Haïti, de sa position agenouillée, fille rebelle qu’elle est, donc chaque jour, elle fait des efforts monstres pour se relever. Mais la République dominicaine et leurs alliés racistes du monde impérialiste occidental, ils empêchent toujours au pays de Jean Jacques Dessalines de se tenir debout.

Comment expliquer cette haine méchante des dominicains et de l’international envers Haïti?  Pourquoi ils veulent à Haïti de rester aussi longtemps dans une position aussi inconfortable alors que, depuis 1804, le pays ne fait peur à personne ?

Haïti est le pays qui, par ses luttes contre l’esclavage et de grandes victoires contre l’armée expéditionnaire de Napoléon Bonaparte tout au début du 19siècle, avait fasciné et surpris le monde.

Et, depuis après l’épopée de Vertières et cette indépendance en 1804, il y a toujours une main puissante sur le chemin d’Haïti à chaque fois que le peuple veut faire des efforts pour sortir de leur état de pauvreté.  

Par exemple, tout récemment, dans un processus de gouverner par le chaos imposé par la communauté internationale, dirigé par un État fêtard, avec des activités mondaines un peu partout, Haïti avait connu tous les mots en-al qui ne peuvent pas changer en-aux.  C’est ainsi, de bal, festival, carnaval, avec un récital de mots ronflants, le pays était en fête solennellement en honneur du président musicien. Pas de canal.

Si bien que, d’un président fêtard à un chef de gouvernement vantard, les deux formaient un pouvoir exécutif grandiloquent comme deux tonneaux vides, pour enfin ne rien faire, sinon de construire vingt-cinq stades imaginaires dans tout le pays. Vrai semblablement, il était plus facile de construire des stades pour des matches de football au lieu des canaux d’irrigation pour aider les paysans dans la production de leurs plantations.  

Ainsi, d’un parlement constitué des honorables, dans leur savoir-faire des affaires imparfaites, étaient des officiels très déshonorables au Bicentenaire. Puis, d’un président peu respectueux des bonnes mœurs au Palais national.  Et d’un chef de gouvernement à la Primature qui ne jouait pas avec les chiffres dans les caisses de l’État, déjà en mauvais état.

Comme une équipe avec le plein pouvoir pour détruire, donc ces bandits légaux, dans leurs conspirations, avaient le boulevard libre pour que librement ils continuent non seulement à piller le trésor public, mais aussi à distribuer des armes aux bandits dans les quartiers populaires. Encore, il n’y avait pas de projet de canal dans leur agenda politique.

Ensuite, pour comble de malheur d’Haïti, le laboratoire de tous les maux du pays avait, en fin de mandat du musicien dévergondé, à travers d’autres élections frauduleuses, fait une passation de pouvoir avec « ’l’homme “bannann”. Celui qui, avant leur assassination en juillet 2021, dans la discorde, avait commencé un canal. 

Mais aujourd’hui, la population de l’arrondissement de Ouanaminthe, avec la solidarité et contribution financière des Haïtiens de partout d’Haïti et de la diaspora, elle canalise un premier canal. Néanmoins, Il n’a jamais un sans deux. Non, “jamais deux sans trois”, avions-nous appris. Question pour dire, si maintenant, il y a un canal, il peut aussi en avoir d’autres. C’est-à-dire, un deuxième canal. Un troisième. Puis des canaux pour irriguer les jardins des paysans dans le département du Nord-Est.  Et pourquoi pas?

  

Esau Jean-Baptiste

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