Pour sa 3e édition, le Challenge BIG continue à voir l’entrepreneuriat en grand. Comme les années précédentes, l’événement qui met en lumière l’innovation territoriale a réuni sur le campus Méliès de Cannes startups, donneurs d’ordre, experts et décideurs.
« BIG leur permet de gagner du temps, de rencontrer directement des clients, des experts accompagnants et des financeurs, c’est-à-dire toute la suite logique du fonctionnement d’une entreprise », explique Laurent Dys, président de Creative Business Event qui pilote l’événement. Un fonctionnement qui suit des règles bien précises que les startuppers oublient parfois.
« Créateur d’entreprise et chef d’entreprise, ce n’est pas le même métier. » Et d’imager son propos : « Je joue au tennis. Roger Federer aussi. Mais on ne fait pas le même sport…. » Vu comme ça, on comprend mieux. Il y a des fondamentaux dans le fonctionnement d’une société et l’objectif de BIG n’est pas de « Créer de la vocation à entreprendre mais de créer de la vocation à structurer son entreprise. »
En avant ISSSA
Et la structuration, les trente startups venues de la région l’ont trouvée lors des quelque 350 rencontres business de la journée. C’est le cas d’Emma Goujon qui est en train de créer Isssa à Nice « qui veut dire En avant en nissart et avec trois S parce que la courbe de cette lettre montre que la transition n’est pas un chemin rectiligne ».
Suivie par Les Premières Sud, cette designer en innovation durable accompagne les entreprises désireuses d’engager leurs salariés dans des écogestes de tri, de mobilité… Pour ce faire, elle a développé une méthodologie gamifiée se présentant sous la forme d’un jeu de cartes qui détermine ce qu’il faut garder, jeter, trier, vendre, donner ou réparer. « Tout déchet a un coût et ce qu’on ne jette pas est une économie », rappelle-t-elle. Ce diagnostic met à plat les actions quotidiennes et fait remonter auprès de la direction les envies des collaborateurs qui sont ensuite plus faciles à mettre en place via des ateliers de sensibilisation qu’elle anime. « Je suis en train de réaliser un diagnostic pour le service Propreté de la Métropole Nice Côte d’Azur », précise Emma Goujon.
Novelfood révolutionnaire
BIG a aussi été productif pour les deux fondateurs de Mycelium Technologies qui repartent avec le prix des Accompagnants du pitch Big Vendeur (lire par ailleurs) séduits par l’ambition de la startup niçoise. Elle veut « Proposer des aliments innovants aux hommes. L’élevage intensif est la première cause de réchauffement climatique, il faudrait une protéine suffisamment convaincante pour qu’on mange moins de viande et qu’on révolutionne nos habitudes alimentaires », analysent Lætitia Pierazzi et Olivier Hiezely, respectivement CEO et COO de la startup à impact née en 2022.
Faire mieux pour la santé des hommes et de la planète. Leur solution se trouve dans le mycelium – ces filaments blancs qui sont au début du développement des champignons qui cumulent plein de bons points en leur faveur. « Cet aliment 100% naturel est très riche d’un point de vue nutritionnel, bourré de vertus santé (vitamines, acides aminés, protéines, antioxydants, fibres…), a une belle saveur et un process de production très rapide puisque de la culture à la récolte, il se passe une semaine », énumère Olivier Hiezely.
Accompagnée par l’incubateur Provence Côte d’Azur, la lauréate du concours d’innovation i-Lab 2023 a développé une technologie hybride qui permet de produire une poudre « qui pourra être incorporée dans des préparations nutritionnelles adaptées à des publics spécifiques (sportifs, seniors…) ». Ou bien des filets de mycelium – semblables à ceux de poulet – à la texture savoureuse et riche en goût. Lequel peut varier selon la variété du champignon – poulet, poisson, fruits de mer… – et les substrats sur lequel elle se développe.
La foodtech qui s’adresse aux grands groupes de l’agro-industrie et de la nutrition santé prévoit de lancer au printemps 2024 un pilote de sa technologie avant de passer à l’échelle préindustrielle d’ici la fin de l’année. « L’industrialisation devrait suivre en 2027 avec un chiffre d’affaires de 50k£ dès 2024 pour flirter avec les 3M€, rien qu’en France, en 2027 », estiment les fondateurs. Un pitch bien mené qui leur permet de voir aussi grand que BIG.
Savoir se vendre
L’innovation de cette édition 2023 de BIG – outre celle proposées par les startups –, c’est le Pitch Big Vendeur. « Un concours d’éloquence commerciale pour prouver en une minute aux investisseurs que ces jeunes pousses savent vendre et qu’elles peuvent vivre sans levées de fonds », explique Laurent Dys de Creative Business Event.
Vingt startuppers se sont essayés à cet exercice et Mycelium Technologies s’est vu attribuer le prix Accompagnants; celui Financeurs est allé à Infineis qui a développé un dispositif médical qui simplifie et sécurise les chirurgies intracrâniennes. La startup accélérée à MonacoTech a également eu le prix du Public.
People In qui permet d’identifier les compétences des candidats sans CV a décroché le prix Donneurs d’ordre tandis que Tethys a eu celui du Coup de cœur. La Mandolocienne a inventé un dispositif intégrable dans n’importe quel vêtement qui apporte un confort thermique à son utilisateur dans des conditions extrêmes.
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