Né pour partir est né de la rencontre d’Azouz Begag, ancien ministre à l’égalité des chances, et Mamadou Sow, un jeune migrant venu de Guinée. Ce dernier était samedi à Toulon, sa ville d’adoption, pour une présentation de son ouvrage.
Comment a commencé votre périple jusqu’en France?
À 15 ans, en 2016, j’ai quitté mon village d’origine, Pilimini, pour un périple qui m’a emmené à travers l’Afrique.
Contraint à faire les pires métiers pour survivre, j’ai finalement atterri en Libye pour prendre un radeau et franchir la Méditerranée. Un enfer… J’ai été finalement sauvé par la Croix Rouge puis emmené en Italie puis, finalement à Toulon.
J’ai été pris en charge par l’ASE (Aide sociale à l’enfance) mais rapidement on m’a fait savoir que je ne peux pas rester. Je me suis retrouvé sans toit ni argent avec obligation de quitter le territoire. Heureusement, l’association Welcome Var m’a accueilli et m’a accompagné dans mes démarches afin de pouvoir régulariser ma situation.
Parlez-nous de votre rencontre avec Azouz Begag, et donc de la naissance de ce projet d’écriture?
Je me suis finalement retrouvé à Lyon grâce à une autre association, le Réseau éducation sans frontière, qui m’a permis de reprendre mes études. C’est lors d’un atelier écriture que je l’ai rencontré. Il avait grandi à Lyon, dans le même quartier où se trouvait mon lycée professionnel. Nous avons longtemps discuté et mon histoire l’a touché je pense. Il m’a ensuite proposé d’écrire ce livre à « quatre mains ». Ma motivation était d’écrire un livre utile, un livre solide. Écrire c’est avoir une mémoire et avoir une mémoire c’est exister. J’espère que sa lecture ouvrira certaines consciences sur les horreurs que les migrants traversent pour survivre.
Aujourd’hui où en êtes-vous? Quels sont vos projets?
Je poursuis toujours des études. J’ai mon CAP et mon Bac Pro et j’espère pouvoir continuer sur un BTS mais je suis encore, malgré tout, aujourd’hui sous le coup d’une OQFT (obligation de quitter le territoire), ce qui compromet durement mes ambitions. Mon désir serait de pouvoir créer une société de logistique et je ne désespère pas d’y arriver. Ma persévérance ne peut que payer et je crois fermement en la justice sociale.
Né pour partir, récit de Mamadou migrant mineur de Guinée aux éditions Milan.
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