Un joueur de League of Legends fait son coming out pour « faire évoluer les mentalités » dans l’e-sport

« Message très personnel ce soir, mais j’aimerais vous dire que je suis gay ». C’est avec ces mots que le joueur de e-sport Eika, titré quatre fois en LFL, la ligue française de League of Legends, a révélé mercredi son homosexualité via les réseaux. « Être joueur pro dans un milieu où tu entends encore des propos homophobes, c’est effrayant d’oser être la personne que l’on est« , poursuit Jérémy Valdenaire, 27 ans,  dans ce texte en anglais et en français.

Pourquoi cette déclaration ? Pour « aider à faire avancer les mentalités dans l’e-sport ou dans le gaming en général « , mais aussi pour encourager. « Pour toutes les personnes qui peuvent se reconnaitre dans ce que j’écris : ne soyez pas trop dur avec vous-même « . Son message a suscité une foule de commentaires.  » Je te dis simplement merci « ,  » Tu as tout mon soutien « ,  » Très courageux, bravo « ,  » Très inspirant « ,  » Je suis fier de toi « , emoji « cœur avec les doigts ». » Merci pour vos messages, vous êtes vraiment pipous« , leur a répondu le gamer.

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« J’avais pas envie d’avoir peur que d’autres fassent mon coming out à ma place »

Interrogé par le service des sports de Radio France, le joueur de e-sport a fait part de sa surprise : « Je ne pensais pas que ça allait prendre autant d’ampleur en dehors (du milieu du gaming ndlr) ». Il dit l’avoir fait « d’abord pour lui  » : « Je ne pensais pas pouvoir être heureux si je ne l’avais pas fait en public. J’avais pas envie d’avoir la peur, si jamais je m’inscrivais sur des sites de rencontres, que d’autres fassent mon coming out à ma place » , et aussi « pour que des gens aient un peu de représentation dans le milieu, parce qu’il y a très peu de personnes LGBT, pour qu’elles ne se sentent pas toutes seules « .

« Dans un monde idéal, j’aimerais que le coming out, ce soit pas quelque chose par lequel on doit passer« , poursuit-il : « Là, ça fait parler, c’est la première chose pour que ça avance « . Mais Jérémy Valdenaire mesure aussi les risques d’une telle déclaration en activité : « Le milieu est assez particulier, on ne sait pas avec qui on va jouer « .

L’e-joueur salue ainsi lui-même les nombreux messages venus du simple follower ou de la planète entière des réseaux sociaux : youtubeurs, influenceurs, autres e-joueurs et même les encouragements de Clément Laparra, patron de KarmineCorp, l’une des équipes françaises de e-sport les plus populaires.

« De quoi parlions-nous ? »

Le fossé est criant avec les réactions qui ont accueilli une autre publication sur les réseaux sociaux. Le même jour, Fabio Quartararo, 22 ans et champion du monde de Grand Prix moto,  poste une photo de lui, en train de rire, la tête sur l’épaule d’un autre garçon, qui se tient un verre de champagne à la main, avec le message « De quoi parlions-nous ? « , agrémenté d’un émoji rigolard. Pas de déclaration ni de mention spéciale.  Un cliché par ailleurs  déjà posté il y a 6 mois, le 1er juillet dernier, au milieu de quelques autres, sur le compte Instagram de l’autre garçon photographié : Ethan Doux, de la maison de joaillerie qui a réalisé plusieurs collaborations avec Fabio Quartararo dans les derniers mois

Sauf que cette fois, la réaction à la publication de l’image sur le compte X (anciennement Twitter) du pilote a déclenché une telle déferlante d’insultes homophobes, à travers des centaines de commentaires, que Fabio Quartararo a décidé de la retirer le jour suivant. Elle reste visible sur Instagram, mais cette fois fermée aux commentaires des internautes. Et la photo publiée le lendemain sur ce même compte est  un spectaculaire cliché du pilote moto en plein virage, le coude touchant dangereusement le bitume, saisie lors sur un circuit de Barcelone, comme pour siffler la fin du débat et le ‘retour aux affaires’ virtuels. L’incident est clos dans le paddock.

Des sports mécaniques encore trop peu inclusifs

Le e-sport a déjà connu, par le passé, de telles déclarations de coming-out, comme celle faite en 2022 par le joueur canadien Biofrost,  qui disait s’être obligé à contrôler son comportement pour « ne pas paraitre gay ». Dans les sports dits « traditionnels », des sportifs (basket, natation, football, rugby, patinage artistique, escrime) ont décidé ces dernières années, de prendre aussi la parole, au travers de déclarations publiques ou  dans des documentaires, pour dénoncer l’homophobie du milieu dans lequel ils évoluaient.

Dans le sport automobile, des pilotes ont révélé leur homosexualité une fois que leur carrière était terminée (Danny Watts, Mike Beuttler), mais des coureurs nouvelle génération ont aussi pris les choses en main, comme le britannique  Richard Morris, ouvertement gay et cofondateur de la Racing Pride, une association chargé de défendre l’inclusion au sein des sports automobiles, ou encore le coureur allemand  Sebastien Vettel, qui estime que le milieu est prêt à accueillir des coureurs gay sur la ligne de départ . En revanche, à ce jour, aucun pilote de motosport n’a encore encore franchi le pas.


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