Un milliardaire réduit ses investissements chez Nvidia et affirme que l’IA est « surcotée »

⇧ [VIDÉO]   Vous pourriez aussi aimer ce contenu
partenaire

Stanley Drukenmiller, le milliardaire fondateur du fonds
spéculatif Duquesne Family Office, a annoncé avoir réduit ses
investissements chez Nvidia en affirmant que l’IA est actuellement
surévaluée. Selon lui, l’engouement autour de la technologie serait
exagéré, par rapport à sa valeur réelle à court terme. Néanmoins,
il reste optimiste quant à l’évolution de l’industrie et estime que
son potentiel pourrait être « sous-estimé » à long
terme.

Nvidia, l’entreprise du célèbre milliardaire Jensen Huang, est
l’un des acteurs principaux stimulant l’engouement actuel autour de
l’IA, notamment par le biais du développement de ses
unités de traitement graphique ultraperformantes et
spécifiquement dédiées à l’IA. Ses performances sont telles qu’elle
fournit aujourd’hui 90 % des puces d’IA, avec Microsoft et Meta
comme principaux clients.

En février, Nvidia a surpassé les attentes des analystes avec un
chiffre d’affaires annuel de 22 milliards de dollars, soit une
hausse de 270 % par rapport à l’année dernière. Cela a fait de la
société le premier fabricant de processeurs graphiques à atteindre
une valorisation de plus de 2000 milliards de dollars. Le même
mois, elle a surpassé Alphabet (la société mère de Google) en
décrochant la troisième place des entreprises les plus valorisées
aux États-Unis en matière de capitalisation boursière.

Druckenmiller fait partie des principaux investisseurs ayant
misé sur Nvidia, y investissant un total de 430 millions de dollars
en 2022. L’homme d’affaires s’est apparemment intéressé à
l’entreprise lorsque son jeune partenaire lui a déclaré que
l’enthousiasme suscité par la blockchain allait être largement
surpassé par l’IA. « Je ne savais même pas comment l’épeler
[mais] je l’ai acheté. Puis, un mois plus tard, ChatGPT est
arrivé
 », a-t-il expliqué lors de sa récente apparition
dans Squwak Box, une émission de la CNBC.
« Même un vieil homme comme moi pouvait comprendre ce que
cela signifiait, alors j’ai augmenté mon investissement de manière
substantielle
», a ajouté le septuagénaire.

L’homme d’affaires est devenu célèbre après avoir gagné 1
milliard de livres sterling en pariant sur la dévaluation de la
devise anglaise en 1992. Possédant désormais une grande notoriété
grâce à ses nombreux investissements fructueux, il possède
également des actions chez Microsoft et Alphabet.

Cependant, le milliardaire a récemment déclaré avoir réduit
progressivement ses investissements chez Nvidia depuis novembre de
l’année dernière, estimant notamment que l’engouement actuel autour
de l’IA est surfait, voire exagéré. « Nous avons supprimé ce
capital ainsi que de nombreux autres fin mars
 »,
indique-t-il. « J’ai juste besoin d’une pause. Nous avons
eu une sacrée course
 », ajoute-t-il.

« Surfaite aujourd’hui, mais sous-estimée à long terme »

Bien qu’il n’a pas fourni de détails sur les raisons de la
diminution des capitaux pour Nvidia, Druckenmiller semble avoir
pris cette décision après que les actions de la société sont
passées de 150 à 900 dollars en une très courte période, notamment
grâce à l’IA. Il estime notamment que la croissance de la
technologie pourrait être surévaluée par rapport à sa valeur
réelle, probablement en raison du battage médiatique. Ce ne sont
donc pas ses connaissances du secteur technologique qui lui ont mis
la puce à l’oreille, mais sa très grande expérience du monde des
affaires.

« L’IA est peut-être un peu surfaite actuellement
», a-t-il déclaré. En effet, « l’IA pourrait rimer avec internet.
Au fur et à mesure que nous effectuons toutes ces dépenses en
capital, nous devons en tirer les bénéfices à mesure qu’ils
arrivent progressivement de jour en jour. Le gros résultat ne
pourrait être obtenu que d’ici quatre à cinq ans ».

Voir aussi

Ces affirmations concordent avec celles d’économistes, qui ont
indiqué que le battage médiatique actuel autour de l’IA a largement
dépassé la « bulle
technologique » de l’ère d’internet (une bulle spéculative
qui a considérablement affecté la valeur de la technologie) dans
les années 1990. En d’autres termes, les entreprises actuelles qui
se consacrent à l’IA et qui enregistrent la meilleure croissance
(dont Nvidia) seraient davantage surévaluées que ne l’étaient
celles de la bulle internet.

Les bénéfices réels des investissements dans la technologie
pourraient ainsi être obtenus surtout à moyen ou long terme,
suggère Druckenmiller. Or, ce dernier a affirmé ne pas être du
genre à posséder des actions pendant 10 ou 20 ans en attendant de
voir comment le marché évolue. D’autre part, la croissance record
de Nvidia soulève la question de savoir combien de temps cela
pourrait durer. Druckenmiller semble considérer que le pari est
trop risqué pour engager de grands capitaux.

Néanmoins, l’entrepreneur reste optimiste, affirmant qu’elle est
peut-être surévaluée aujourd’hui, « mais sous-estimée à long terme
». Des analystes ont d’ailleurs souligné que loin d’être en
difficulté, la bulle de l’IA commence tout juste
à grandir.


Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.