Un nouvel investisseur institutionnel va voir le jour à Monaco

La réforme française des retraites résonne jusqu’à Monaco. Le projet de rapatrier en Principauté les retraites complémentaires confiées à l’Agirc-Arrco date de 2013, mais il s’est accéléré mi-avril 2023. Le gouvernement princier a ainsi jugé dans un communiqué du 14 avril que «les réglementations françaises et monégasques en matière de retraite se sont progressivement écartées, notamment s’agissant de l’âge légal de départ en retraite».

Le gouvernement indique donc que dans un souci de «cohérence réglementaire», le département des affaires sociales et de la santé a initié un travail collaboratif qui a donné corps à la Caisse monégasque de retraite complémentaire (CMRC). Le rapatriement effectif doit intervenir le 1er janvier 2024, après finalisation des négociations avec l’Agirc-Arrco.


A lire aussi:

Monaco va créer sa propre caisse de retraite complémentaire

Constituer des réserves

Christophe Robino, conseiller de gouvernement et ministre des Affaires sociales et de la Santé de Monaco, a donné des détails sur le processus à Monaco-Matin. Il explique que contrairement à la France, Monaco n’a aucun besoin d’augmenter l’âge de départ en retraite, et qu’internaliser la gestion de la retraite complémentaire devrait permettre un gain financier de 5 à 6% pour les retraités du Rocher. L’opération porte sur environ 200.000 personnes qui ont travaillé au moins 10 ans à Monaco, dont 55.000 qui y travaillent toujours.

Il s’agit de rembourser les pensions déjà liquidées jusqu’à épuisement des droits, précise le membre du gouvernement : « Cette soulte a été estimée à 2,8 milliards d’euros. Et, d’autre part, sur les modalités de ce remboursement : celui-ci va s’étaler sur 13 ans, à frais coûtant les cinq premières années pour constituer un fonds de réserve, puis de façon annuelle les huit années suivantes.»

Christophe Robino estime que cette caisse devrait être à l’équilibre, voire bénéficiaire. Il trouve également intéressante l’option d’étendre le périmètre de ce nouveau régime aux agents de l’Etat. Mais pas avant une étude d’impact financier.


A lire aussi:

Monaco précise sa définition des investisseurs professionnels

Crédit: Lien source

Les commentaires sont fermés.