Un tournevis électrique unique au monde car alimenté par une batterie sodium-ion

Publié le 4 nov. 2023 à 15:04

Le tournevis électrique sans fil, commercialisé depuis quelques jours par l’enseigne Leroy Merlin, ressemble au banal outil que l’on retrouve chez tous les bricoleurs. Avec sa batterie sodium-ion, c’est pourtant le premier produit de grande consommation utilisant une batterie sodium-ion. Une première mondiale due à Tiamat , une jeune entreprise issue des recherches menées au CNRS et au CEA depuis une quinzaine d’années. Son principal atout est de pouvoir être complètement rechargé en cinq ou dix minutes « soit dix fois plus vite que n’importe quel produit concurrent », assure Hervé Beuffe le président de Tiamat.

Connue de tous les chimistes depuis des décennies, la technologie sodium-ion a été détrônée dans les années 1980 par le couple lithium-ion qui offrait un meilleur rendement. Une équipe de chercheurs menée par Professeur Jean-Marie Tarascon a repris les choses à la base en 2010. Tout l’intérêt du sodium est en effet d’être une ressource plus durable que le lithium ou le cobalt. « Il s’agit donc d’une alternative écologique, économique et fiable », insiste Hervé Beuffe. La technologie revient d’ailleurs sur le devant de la scène et en début d’année deux entreprises chinoises ont par exemple dévoilé un premier modèle de voiture électrique alimentée par une batterie au sodium.

Les chercheurs français revendiquent pourtant une longueur d’avance car ils ont trouvé un moyen de doper la technologie. « Une batterie fonctionne un peu sur le principe d’une bouteille. Le volume détermine l’énergie emmagasinée et la taille du goulot conditionne la vitesse à laquelle vous pouvez la vider et la remplir. Notre batterie possède un très gros goulot qui permet de la décharger rapidement en apportant beaucoup de puissance et de la recharger très vite », résume Hervé Beuffe, le président de Tiamat.

15 brevets

Pour la jeune entreprise, le marché du bricolage grand public constitue seulement un galop d’essai. Les premières batteries sont fabriquées sur sa ligne pilote installée à son siège d’Amiens. Avec un produit grand public, l’enjeu est de se faire connaître et d’accélérer la levée de fonds qui est en cours. Après avoir levé un total de 5 millions d’euros en 2018 et 2021 , l’objectif est désormais de réunir 100 millions d’euros afin de financer sa propre usine qui devrait être construite près d’Amiens.

Tiamat exploite ainsi sous forme de licence exclusive un portefeuille d’une quinzaine de brevets obtenus par les instituts de recherche et les cinq chercheurs par ailleurs actionnaires de l’entreprise. Celle-ci vise déjà, avec sa technologie actuelle, d’autres marchés et notamment ceux de la mobilité avec les véhicules hybrides mais aussi le stockage d’énergies renouvelables intermittentes (éolienne ou solaire) grâce à des batteries stationnaires.

Une deuxième génération de batteries devrait trouver sa place dans les deux roues ou les trois roues électriques. Mais d’ici là, Tiamat espère bien avoir son usine qui permettra de produire entre au moins 500.000 par jour.

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