« Une alternative aux microplastiques » : à Pontoise, un terrain de foot et de rugby conçu avec… des épis de maïs
Même en regardant de très près, difficile d’imaginer que le nouveau terrain synthétique du stade Jean-Loustau de Pontoise (Val-d’Oise) a été réalisé avec… des rafles de maïs. Mais que les sceptiques se rassurent, il ne se transformera pas en pop-corn en cas de fortes chaleurs, selon la plaisanterie entendue lors de l’inauguration. Conçu par la société Tarkett Sports, l’un des leaders européens du gazon synthétique, le terrain est le premier de ce type en Île-de-France pour le ballon rond, et même le premier en Europe pour le ballon ovale.
« C’est un choix audacieux car c’est assez nouveau, glisse François Sliosberg, responsable du pôle sport au sein du groupe d’aménagement paysager Loiseleur, chargé des travaux. La mairie voulait un terrain de football sur lequel on pourrait également jouer au rugby. Si l’homologation pour les terrains de foot n’est pas très compliquée, c’est plus difficile pour le rugby, notamment en raison de la hauteur de chute nécessaire. Le remplissage des terrains se fait souvent avec du SBR, des petites billes en caoutchouc. Mais cela reste du microplastique, et tous les remplissages à base de pétrole vont être interdits en 2031. »
« Beaucoup de recherche et développement ont été faits »
Une décision de la commission européenne qui aura des conséquences pour les collectivités. « Les communes ne pourront plus en construire, mais également les remplir, souffle le professionnel. Or, il faut en remettre une ou deux tonnes par an. Il reste donc l’utilisation de remplissage naturel, organique. Et pour que ce soit homologué pour les deux disciplines, il n’y a pas beaucoup de solutions. Beaucoup de recherche et développement ont été faits pour trouver des solutions alternatives à ces produits à base de pétrole. »
Un procédé à base de noyaux d’olives a déjà fait ses preuves, mais n’est pas homologué pour le rugby. Il ne restait donc que le liège, beaucoup plus cher à l’entretien, ou la rafle de maïs, suivant une technique mise en place depuis deux ans. La rafle (partie blanche de l’épi) est donc concassée pour constituer un matériau recyclable à 100 %. Elle vient ensuite constituer un tapis apposé sur une sous-couche. La technique, écologique, permet également une meilleure jouabilité.
« C’est un produit qui offre de meilleurs appuis et une meilleure restitution pour les sportifs, glisse François Sliosberg. Il peut y avoir une petite appréhension au départ, mais la stabilité du pied est meilleure. Il y a donc moins de traumatismes, et c’est plus confortable. Et en cas de chaleur, il n’y a pas la sensation de plastique. »
« C’est agréable à jouer »
Des arguments qui ont convaincu la municipalité, qui devait remplacer l’ancien terrain rouge en schiste situé près du terrain d’honneur du stade de rugby. « Il nous manquait un terrain de foot, depuis la destruction de l’ancien stade municipal qui était dans le périmètre de la caserne Bossut, explique Sébastien Blanchard, adjoint au maire, chargé des sports. Nous en avons besoin pour nos écoles de foot. L’idée était de faire un terrain mixte car nous avons un très bon club de rugby et, l’hiver, c’est difficile sur certains terrains en herbe. Il fallait donc un terrain synthétique, mais les billes noires vont être interdites. Nous avons donc souhaité nous orienter vers des matières végétales, et nous sommes partis sur ce nouveau concept. »
Un terrain « très attendu », selon les mots de la maire, Stéphanie Von Euw, et qui a séduit les jeunes joueurs de football et de rugby qui ont pu l’essayer lors de l’inauguration. « C’est agréable à jouer, glisse ainsi Timéo, 12 ans, du club de rugby. Et on ne sent pas que c’est du maïs. »
L’éclairage et une partie de la clôture ont également été refaits, pour un montant global de 1,1 million d’euros. L’équipement sera notamment utilisé par les scolaires et les clubs de football. Le terrain de Pontoise ne devrait pas rester longtemps le seul de ce type en Île-de-France : un autre, identique, est en construction à Beaumont-sur-Oise.
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