Les Français ont été surpris d’apprendre que sur le territoire de la République, à Mayotte, l’eau est désormais sévèrement rationnée, et ce, encore pour plusieurs semaines. Quel gâchis ! Quel gâchis au regard du potentiel écologique, économique et humain de l’île. Mais aussi au regard des moyens consacrés par l’État à ce territoire. En Guadeloupe, non plus, l’eau n’est pas garantie. Chômage, vie chère, insécurité, immigration massive…
Les outre-mer sont-ils promis à ces fatalités ? La réponse tient en partie au développement économique de ces territoires pour assurer les infrastructures, les emplois et les conditions de vie d’une société qui aspire à mieux épanouir ses talents. Alors, il faut regarder quelques réalités en face.
La responsabilité. En Guadeloupe, le gouvernement a eu le courage d’identifier une part de responsabilités locales dans le dysfonctionnement grave de l’approvisionnement en eau. À Mayotte, plus de deux ans de factures sont dus aux entreprises concourant au service.
L’autorité. Pour de trop nombreuses collectivités, les délais de paiement excessifs entravent la vie des entreprises, découragent l’offre, renchérissent les prix. L’État connaît le sujet : il est urgent d’agir.
La vérité. Trop souvent, les objectifs annoncés sont déclamatoires. La crise du logement est grave outre-mer : demande insatisfaite, offre déstabilisée, entreprises en souffrance. Le plan logement outre-mer annonçait 15 000 logements par an. Seuls 7 500 furent financés en 2021, 5 400 en 2023. Le cap de la transition énergétique semble enfin pris, très loin des annonces de 50 % d’énergie renouvelable en 2020. C’était 5 % à Mayotte !
L’efficacité. On ne demande pas toujours plus de moyens, mais on souhaite que ce qui est voté soit déployé. La loi de finances 2020 prévoyait la mise en place de duty free, à Fort-de-France et Pointe-à-Pitre pour les croisiéristes. Une bonne initiative pour stimuler le tourisme. À ce jour, elle n’a toujours pas été mise en place.
La stabilité. L’État encourage l’investissement outre-mer (plus difficile qu’en métropole) par des baisses d’impôt. Le président de la République applaudit à ce dispositif, le Parlement le prolonge fin 2022 jusqu’en 2029. Et voilà que le gouvernement imagine, dans la préparation du budget 2024, quelque recette de poche en rognant sur ces baisses, c’est-à-dire en augmentant l’impôt. De même, le gouvernement envisage de rogner les baisses de charges sociales, qui contribuent à l’embauche dans un contexte de chômage toujours élevé. À se demander si le développement des entreprises et la baisse du chômage sont encore une priorité.
L’ambition. La Guyane a un potentiel de développement dans l’or et le bois, exploités illégalement par ses voisins. Elle possède aussi une importante ressource de pêche : exploitée illégalement par ses voisins. La Guyane parvient toutefois à exploiter les hydrocarbures du plateau continental. Il faut reprendre la main sur ces ressources. L’enjeu n’est pas tant le déploiement de moyens supplémentaires pour faire vivre ces territoires, qu’une ambition entrepreneuriale pour prospérer. Les outre-mer le méritent et le peuvent. Il faut résoudre les crises. Affrontons enfin ces réalités lancinantes qui entravent le développement des territoires ! L’alerte est donnée, les entreprises sont prêtes.
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