Une « cousine de Yonyon » arrêtée pour lien présumé avec des gangs

La police informe avoir mis la main au collet d’Abigaëlle Hailey Germinal, alias « Fifi, Bel Boss », à l’aéroport international Toussaint Louverture, lundi 13 novembre, pour sa connexion présumée avec plusieurs gangs armés, opérant dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Selon l’institution policière, la femme de 35 ans serait la cousine de « Yonyon », ancien chef du gang dénommé 400 mawozo établi dans la commune de la Croix-des-Bouquets.

Interpellée par les agents de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), Abigaëlle Hailey Germinal, alias  » Fifi, Bel Boss », présentée par la PNH comme étant la cousine de « Yonyon », est accusée de connexion avec plusieurs chefs de gangs, tels que le nommé Chéry Christ-Roi, alias « Krisla »,  le nommé Rénel Destina, alias « Ti Lapli », et le nommé Wilson Joseph, alias « Lanmò San Jou », respectivement chefs de gang de Ti Bwa, de Grand Ravine et de 400 Mawozo, selon des informations recueillies par le Service d’analyse du bureau de renseignements judiciaire de la DCPJ depuis quelques mois.

L’institution policière a fait savoir que selon les informations dont elle dispose, la nommée Abigaëlle Germinal, née le 24 novembre 1988 à Port-au-Prince, a été naturalisée Américaine en 2019. Elle était en Haïti depuis six (6) mois et devait retourner aux Etats-Unis le lundi 13 novembre 2023, le jour où elle a été appréhendée par les agents de la DCPJ à l’aéroport international Toussaint Louverture.

« En effet, suite à cette information, une équipe de la DCPJ s’est rendue le lundi 13 novembre 2023 à l’Aéroport International Toussaint Louverture pour une mission de surveillance. Ainsi, aux environs de 9hres du matin, après un contrôle d’identité effectué par l’équipe, Germinal Abigaëlle Hailey a été interpellée », détaille la PNH dans une communication rendue publique sur ses réseaux sociaux.

Plus loin, la PNH informe avoir effectué une vérification partielle du téléphone de la présumée acolyte de chefs de gangs armés, peu de temps après son arrestation, permettant de constater dans son répertoire les noms et les numéros de plusieurs chefs de gangs, opérant dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

« Elle assure la communication entre l’actuel chef du gang 400 mawozo (Wilson Joseph alias Lanmò 100 jou) et Germine Joly alias Yonyon actuellement en prison aux Etats-Unis », poursuit la note de la police, ajoutant que selon une source additionnelle, la nommée Abigaëlle Hailey Germinal est recherchée par la justice américaine pour d’autres cas la concernant.

Pour l’heure, la femme de 35 ans est placée en garde à vue à la Direction centrale de la police judiciaire pour les suites nécessaires.

Rappelons que Germine Joly, alias « Yonyon » a été arrêté par la police en 2015, avant d’être extradé à Washington par la police fédérale américaine (FBI) en mai 2022, à la suite d’un mandat international lancé contre lui à la fin du mois d’avril de la même année. Il était poursuivi par les Etats-Unis pour importation d’armes de guerre et séquestration contre rançons de citoyens américains, selon un communiqué d’alors de la police nationale.

Selon un rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la situation d’Haïti, l’ensemble de la zone métropolitaine de Port-au-Prince est concerné par l’activité des gangs, à divers degrés. Dans leurs bastions, les gangs exercent un contrôle direct et une autorité exclusive (zones de contrôle). Ils menacent et rançonnent les membres de leur propre communauté, rackettent les commerces, créent des cellules sous le commandement de chefs de zone et installent des murs de protection appelés ‘VAR’.

Dans la section du rapport consacrée aux bandes armées en Haïti, les experts onusiens soulignent que ces gangs exercent également une influence sur les zones autour de leurs bastions (zones d’influence), précisant que même si un gang contrôle une zone – de façon indirecte – ces membres n’y accèdent pas car n’étant accessible qu’aux membres du gang et aux personnes avec lesquelles ils ont conclu un accord.

« Les zones sous contrôle direct et sous influence représentent environ 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Les autres (20 %) subissent les incursions des gangs (enlèvements, vols, meurtres et autres infractions) », indique le rapport onusien.

Rappelons aussi que la cheffe du Bureau intégré des Nations Unies pour Haïti (BINUH) Maria Isabel Salvador avait annoncé fin septembre, la sortie d’une liste de citoyens haïtiens sanctionnés par l’ONU pour ce mois de novembre.  


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