une réunion de crise de la Communauté des Caraïbes organisée au lendemain du départ de nombreux diplomates européens et américains

La situation en Haïti, pays gangrené par les bandes criminelles, doit faire l’objet d’une réunion de crise de la Communauté des Caraïbes (Caricom), lundi 11 mars. Cette réunion doit se tenir sur l’île voisine de la Jamaïque au lendemain de l’évacuation de diplomates européens et américains de Port-au-Prince, la capitale, en « état de siège ».

Le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a annoncé se rendre lundi en Jamaïque à cette réunion, afin de discuter des efforts visant notamment à « mettre en place rapidement une transition politique en Haïti via la création d’un collège présidentiel indépendant », a déclaré son porte-parole, Matthew Miller, dans un communiqué. Outre la délégation américaine, la réunion doit accueillir des représentants de la France, du Canada et de l’ONU.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé lundi tous les acteurs politiques haïtiens à des « négociations sérieuses » pour « rétablir les institutions démocratiques » du pays. Le Conseil, exprimant sa « profonde inquiétude face à la situation sécuritaire et humanitaire en Haïti », appelle également « les gangs armés à cesser immédiatement leurs actions déstabilisatrices » et à ce que les auteurs « de ces actes abjects soient traduits en justice ».

Dimanche, les Etats-Unis ont annoncé avoir évacué une partie du personnel de leur ambassade et renforcé les équipes chargées de sa sécurité. « L’augmentation de la violence des gangs dans le voisinage de l’ambassade américaine et de l’aéroport a conduit le département d’Etat à prendre des dispositions permettant le départ d’autres membres du personnel », a précisé l’ambassade sur X.

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L’opération, conduite par l’armée américaine, s’est déroulée au cours de la nuit de samedi à dimanche par hélicoptère, selon des habitants du quartier. « Ce transport aérien de personnel à destination et en provenance de l’ambassade s’inscrit dans nos procédures prévues pour renforcer la sécurité des ambassades », a déclaré dimanche l’armée américaine dans un communiqué. L’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince reste ouverte, a-t-elle précisé.

Le même jour, le ministère des affaires étrangères allemand a annoncé le départ de son ambassadeur, avec d’autres représentants de l’Union européenne (UE), ajoutant qu’ils travailleraient depuis la République dominicaine voisine « jusqu’à nouvel ordre ».

« En réponse à la détérioration dramatique de la situation sécuritaire, nous avons décidé de réduire nos activités sur le terrain et nous avons déplacé le personnel de la délégation de l’Union européenne à Port-au-Prince vers un endroit plus sûr à l’extérieur du pays (…). Actuellement nous avons évacué tout le personnel de l’UE d’Haïti », a déclaré lundi Peter Stano, porte-parole du chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.

Etat d’urgence

Les bandes criminelles qui contrôlent la majeure partie de la capitale ainsi que les routes menant au reste du territoire s’en prennent depuis plusieurs jours aux commissariats, aux prisons et aux tribunaux, en l’absence du premier ministre, Ariel Henry, dont elles réclament la démission, tout comme une partie de la population. Celui-ci est, selon les dernières nouvelles, bloqué dans le territoire américain de Porto Rico après un voyage à l’étranger.

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Face aux violences, des dizaines d’habitants ont investi samedi les locaux d’une administration publique à Port-au-Prince, espérant y trouver refuge, selon un correspondant de l’Agence France-Presse (AFP). « Depuis hier soir, nous n’avons pas pu dormir. Nous sommes en train de fuir, moi avec mes effets personnels posés sur ma tête, sans savoir où aller », a raconté une habitante qui a dû quitter sa maison. « Aujourd’hui, ce ne sont pas nos voisins de la République dominicaine qui se battent contre Haïti, mais ce sont des Haïtiens, du même sang, qui se battent entre eux », a-t-elle déploré.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations, 362 000 personnes – dont plus de la moitié sont des enfants – sont actuellement déplacées en Haïti, un chiffre qui a bondi de 15 % depuis le début de l’année. Le gouvernement haïtien a décrété l’état d’urgence dans le département de l’Ouest qui comprend Port-au-Prince, ainsi qu’un couvre-feu nocturne, difficilement applicable par des forces de l’ordre déjà dépassées.

Le Monde avec AFP

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