Vainqueur de la Rolex Fastnet Race, Gabart : « Deux ans, c’est le bel âge pour commencer à gagner ! »
Rolex Fastnet Race
Après une deuxième place sur la Route du Rhum et un grand chantier cet hiver, remporter la première course de la saison, ça fait du bien ?
FRANÇOIS GABART, skipper : « Oui carrément. On venait de mettre le deuxième foil. Et puis, c’était l’anniversaire du bateau sur le départ (mise à l’eau le 21 juillet 2021). Il nous offrait une Fastnet Race pour son anniversaire et c’est chouette de lui offrir comme cadeau une victoire ! Deux ans, c’est le bel âge pour commencer à gagner. Et on espère en gagner d’autres sur ce bateau qui est arrivé à l’âge de la maturité ».
TOM LAPERCHE, co-skipper : « Super content de gagner une course. Ce bateau a battu le record de la Méditerranée il y a un an et demi. Mais il n’avait pas encore gagné en course. Et pile poil deux ans après la mise à l’eau du bateau, c’est super bien pour recommencer l’année avant les 24 h Ultim puis une Transat Jacques Vabre et un tour du monde en solitaire (Arkéa Ultim Challenge Brest). C’est super de progresser en équipage pour les échéances à venir. Avec plein de beaux moments en tête déjà. Et pour la suite, c’est super satisfaisant ».
ANTOINE GAUTIER, directeur technique : « Oui évidemment. Le plus rassurant pour nous c’est de n’avoir rien cassé et d’avoir gardé le bateau en un seul morceau. Pour nous, c’est une vraie satisfaction. C’était aussi la première course de notre nouveau foil bâbord suite à sa rupture en rentrant de Guadeloupe après la Route du Rhum. C’était seulement la deuxième navigation du foil et c’était top ».
Après un sacré duel avec « Banque Populaire XI », quel est le bilan à chaud ?
F. G. : « C’était effectivement un match-race pour nous. On n’était que deux. C’était super sympa comme il y a quatre ans. Un peu moins serré même si on était quand même à l’AIS tout le temps. C’est super bien de pouvoir régater avec un autre bateau, comparer les vitesses et jouer au jeu de la régate. Jusqu’au bout, ça a été assez stressant parce qu’il n’y avait pas tant d’écart que ça et il y avait des options à faire entre les DST (dispositifs de séparation de trafic). C’était chouette cette sensation de ne pas savoir où ils étaient et de les voir réapparaître. Content d’arriver devant mais surtout d’avoir pu régater contre eux. C’était vraiment intéressant ».
T. L. : « Les bateaux sont proches en vitesse. On retrouve là de la régate à haute vitesse régulièrement à plus de 30 nœuds ou des pointes à 40 nœuds. C’est quelque chose qu’on ne fait dans aucune autre série. C’est vraiment extraordinaire : prendre des décisions à ces vitesses, c’est vraiment grisant et on s’est éclaté ».
A. G. : « Naviguer contre Banque Populaire en équipage c’est quasiment une première. Suite à nos petites affaires de classe, on n’avait pas eu la chance de se confronter à eux. On a appris plein de choses. On avait une super sortie d’entraînement avec eux. On a nos petits plus. Eux ont les leurs. Donc globalement, ça nous force à bosser encore plus. On est vraiment content de cette confrontation ».
Les premières heures de courses ont été intenses et difficiles, comment les avez-vous vécues à bord ?
F. G. : « Et bien pas très simples ces premières heures ! Ce n’est pas facile le départ dans le Solent : il y a du vent, tu es au près proche des côtes… On a des bateaux qui sont magnifiques, extraordinaires mais qui ne sont pas faits pour faire de la régate côtière. Du coup, le départ et la sortie du Solent étaient un peu stressants. Ensuite, on a eu du vent très fort mais le bateau allait bien, pouvait régater à 100 % de son potentiel même dans ces conditions fortes. C’est chouette et rassurant pour la suite. Même si on s’est bien fait secouer, on a pris une bonne trajectoire et on était bien en vitesse. ».
T. L. : « Bien stressant ce départ dans le Solent. J’étais à la barre. C’était mon premier départ dans le Solent et avec ces grands bateaux, ce n’était pas évident de doubler les plus petits bateaux quand on était proche de la ligne et commencer à accélérer alors qu’on était bord à bord avec « Banque Populaire XI ». C’était des supers moments mais bien stressant surtout avant d’enchaîner avec plein de manœuvres dans un endroit si étroit avec du vent qui forcissait. On est bien passé dans ce vent fort. Le bateau progressait bien, et on a trouvé de bons réglages. Mais on était quand même content de voir le petit matin arriver et les conditions se calmer ».
A. G. : « Déjà ce qui est bien en Ultime, c’est que les grosses conditions n’ont duré que huit heures. C’est un des avantages mais on navigue quand même à 30 nœuds face à la mer et c’était quand même assez violent jusqu’au Cap Lizard. Pour nous, ça s’est bien passé, on n’a pas eu de dommages ni de problèmes structuraux. Ce sont des conditions qu’on n’a plutôt tendance à éviter donc faire une course qui nous oblige à partir dans de telles conditions, c’est vraiment inhabituel mais ça s’est fait ».
(*) François Gabart, Tom Laperche, Antoine Gautier, Émilien Lavigne, Élodie-Jane Mettraux, Sébastien Col.
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