VIDÉO – Soupçons de traite d’êtres humains à l’aéroport de Vatry : l’avion devrait quitter la France ce lundi

Les passagers indiens confinés depuis plus de trois jours dans un aéroport de la Marne devraient repartir lundi matin vers l’Inde.
Le flou demeure sur les soupçons de traite d’êtres humains.
Sur LCI, l’avocate de la compagnie aérienne a expliqué qu’il pourrait s’agir en réalité d’un « trafic ».

La fin d’un casse-tête judiciaire à l’heure de Noël ? Les passagers indiens confinés depuis plus de trois jours dans un aéroport de la Marne, à Vatry, devraient repartir lundi 25 décembre au matin vers l’Inde, selon les autorités françaises. Un départ lié à une décision de justice, qui a relevé « une atteinte disproportionnée aux droits de la personne« , qui ne lève pas pour l’heure les soupçons sur une éventuelle « traite d’êtres humains ».

Les autorités « s’efforcent d’obtenir les autorisations nécessaires au redécollage de l’avion« , arrivé en France avec 303 passagers, « ce qui devrait intervenir au plus tard lundi matin », a détaillé la préfecture dans un communiqué. L’appareil et ses passagers repartiraient « vers l’Inde », a déclaré le bâtonnier de Châlons-en-Champagne, François Procureur lors d’un point presse, information qu’il dit tenir des avocats de l’État.

« Signalement anonyme »

Un départ rapide de ces Indiens, dont deux sont toujours en garde à vue, est d’autant plus probable que la justice a annulé dimanche, pour trois d’entre eux, la procédure de maintien depuis trois jours dans le hall de l’aéroport. Les douanes ont, dans la foulée, renoncé à la procédure pour les autres passagers. Il apparaît notamment que les voyageurs ont été retenus plusieurs heures « sans en connaître les motifs » en début de procédure et sans être informés de leurs droits « dans un délai raisonnable », ce qui constitue « une atteinte disproportionnée aux droits de la personne ».

L’Airbus A340 de ces 303 Indiens, qui faisait la liaison entre Dubaï et Managua, capitale du Nicaragua, s’était posé jeudi après-midi à Vatry, à 150 km de Paris, pour faire le plein. Mais cette simple escale technique s’est transformée en longue immobilisation après un « signalement anonyme » selon lequel des passagers étaient « susceptibles d’être victimes de traite des êtres humains » en bande organisée, selon le parquet. Ces Indiens, probablement des travailleurs aux Émirats arabes unis, pourraient avoir planifié de se rendre en Amérique centrale afin de tenter ensuite d’entrer illégalement aux États-Unis ou au Canada. Parmi eux figurent 11 mineurs non accompagnés, selon le parquet de Paris.

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Invitée sur LCI ce lundi matin, l’avocate de la compagnie Legends Airlines a réfuté ces soupçons. « Il s’agirait plutôt de trafic que de traites d’être humain. Il s’agissait probablement de personnes – il s’agit d’une allégation, je ne pense pas que ce soit la vérité – voulant traverser illégalement la frontière des États-Unis », a indiqué Me Liliana Bakayoko. D’après le site spécialisé Flightradar, Legend Airlines, qui affrétait le vol, est une petite compagnie dont la flotte est composée de quatre avions, dont deux A340-313.

L’enquête, menée par la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), vise à « vérifier si des éléments viendraient corroborer » les soupçons de traite d’êtres humains, selon le parquet. Deux gardes à vue débutées vendredi étaient toujours en cours dimanche, a indiqué le parquet de Paris à l’AFP. Elles visent à « vérifier » si le rôle de ces deux personnes « a pu être différent de celui des autres ».


Thomas GUIEN

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