Le général Thierry Burkhard, chef d’état-major des armées françaises, a effectué une visite à Cotonou samedi 9 décembre 2023. L’état-major béninois indique que l’officier français vient pour parler de la coopération militaire entre les deux pays. Mais les rumeurs insistantes de l’existence d’une base militaire dans le nord du Bénin lui ont imposé une séquence clarification.
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Avec notre correspondant à Cotonou, Jean-Luc Aplogan
Thierry Burkhard était invité par son homologue béninois, le général Fructueux Gbaguidi, chef d’état-major général des forces armées béninoises. Honneurs, déjeuner, conférence de presse, tête-à-tête, visite de la base aérienne, voilà quelques temps forts du programme. Le général Burkhard était accompagné d’officiers de son état-major.
Le général de brigade Étienne du Peyroux les a précédés. Il dirige les éléments français au Sénégal, c’est le pôle opérationnel de la coopération. Il y a également le pôle de la coopération structurelle qui est concernée par cette visite. Une mission a séjourné récemment à Cotonou pour une évaluation. Selon nos sources, le programme de coopération militaire de 2024 est prêt. Le déminage, la marine et bien d’autres secteurs figurent parmi les axes d’intervention.
Clarification au sujet des rumeurs sur une supposée base française
L’opinion publique béninoise espère une clarification du visiteur français sur plusieurs points : y a-t-il une base française au Bénin ? Le pays pourrait-il être le prochain point de chute de l’ex-mission Barkhane ?
Ce besoin de clarification sur la supposée existence d’une base militaire au Bénin est apparu tout de suite dans les premières questions posées au Général français à la conférence de presse. Et Thierry Burkhard a démenti les rumeurs : « Écoutez ce que je vous dis, regardez ce qui se passe, et vous verrez qu’il n’y a pas de base militaire française au Bénin. On ne me l’a pas demandé, j’arrive à construire des actions de partenariat militaires sans avoir de base militaire au Bénin. »
Son homologue béninois a renchéri : « Ce n’est pas envisagé, le Bénin n’a pas reçu de demande et n’en n’a pas formulé. »
Deuxième soupçon : l’opération Barkhane, qui plie bagage, du Niger va-t-elle s’installer au Bénin ? « Le Bénin n’est pas le point de chute du désengagement de Barkhane, pas plus que Tchad ne l’est. Ces matériels-là repartent en France. »
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« Conseils et expertise auprès de ceux qui ont connu le terrorisme »
La séquence suspicion forte terminée, place à la coopération militaire.
Les premières attaques de groupes armées dans le nord du Bénin, l’armée béninoise les découvre. Que faire ? Fructueux Gbaguidi explique qu’il cherchera « conseils et expertise auprès de ceux qui ont connu le terrorisme ». Puis il ajoute : « Je veux gagner la guerre contre le terrorisme. »
Les besoins du Bénin pour son plan riposte en 2024 sont précis : piraterie maritime, formation de pilote, déminage, formation d’analyste sont les axes d’intervention de la coopération avec la France.
Le général français est reparti en début de soirée, une rencontre avec le chef de l’État béninois Patrice Talon n’était pas dans le programme.
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