C’est un no man’s land depuis tant d’années, que la perspective présentée prête à rêver. Sur les 17.000 mètres carrés de la parcelle de l’îlot Charles-III, un immense espace vert devrait pousser à l’horizon 2030 à l’entrée Ouest de la Principauté. Un parc urbain posé sur un bâtiment socle semi-enterré qui abritera dans son cœur des équipements logistiques et industriels.
Un site à haute valeur ajoutée
À l’air libre, la nouvelle parcelle voisine du futur collège, sera une jonction entre l’avenue Pasteur et l’avenue de Fontvieille richement arborée. C’est ainsi qu’a été présenté le projet aux élus du Conseil communal mardi soir, invités à donner leur avis sur ce dossier d’urbanisme. Le chantier, estimé hors taxes à 342 millions d’euros, est planifié sur cinq ans. En attendant la suite….
Car cette réserve foncière est inespérée dans un pays où chaque mètre carré est à haute valeur ajoutée. Elle doit à l’avenir accueillir le futur centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD), et trois tours constituant un nouveau pôle immobilier, tout en conservant de la verdure.
Dans le bâtiment socle à venir, l’emprise du CTVD et de trois autres bâtiments ont déjà été bel et bien matérialisés. « Nous avons prévu des emplacements capables de recevoir des tours de très grande hauteur », note François Lallemand, l’architecte qui a dessiné le projet avec le cabinet hollandais MVRDV.
En hauteur, l’étendue verte promise sur cette parcelle à laquelle s’intégreront trois bâtiments à l’avenir. Sur le visuel, la masse blanche symbolise le futur centre de traitement et de valorisation des déchets.Visuel Square Architecte-François Lallemand /MVRDV.
« Le premier parc de cette dimension dans le pays »
« L’État avait imaginé quatre tours identiques, d’environ 100 mètres. Nous avons prôné un épannelage avec une tour T2 un peu plus haute, une tour T3 moins haute pour mieux dialoguer avec l’îlot Pasteur. Et la tour T4, entre les deux, qui sera positionnée à l’emplacement de l’actuelle usine SMA, avenue de Fontvieille, quand le nouveau CTVD entrera en fonction. »
L’objectif de ce terrain façonné de 1,6 hectare n’est donc pas de rester vierge. Mais les architectes ont pensé au court terme. « La programmation des tours suivantes n’est pas faite, aujourd’hui c’est exclusivement une réserve foncière à moyen ou long terme. Il vaut mieux avoir un parc en attendant que des palissades de chantier », continue François Lallemand. Le projet devrait être prêt à l’horizon 2030.
« C’est la première fois qu’il y aura un parc de cette dimension en Principauté, hyperagréable. On a imaginé une voie vélo, des activités pour l’animer : un petit bar, un solarium, un petit cinéma d’été, des zones pour faire du sport. »
La palette végétale du lieu s’inspirera de l’atmosphère méditerranéenne avec la plantation d’arbres de grande hauteur.
Et depuis la place Wurtenberg, devant le futur collège, une volée de marches et d’ascenseurs permettront d’accéder au futur parc aménagé. Qui descendra à terme jusqu’à l’avenue de Fontvieille pour connecter le quartier du même nom à cette nouvelle zone de vie.
« Nous avons préservé aussi les points de vue vers la Tête de Chien », souligne l’architecte qui voit depuis la fenêtre de son bureau le futur espace, « et même après la construction des tours, depuis l’avenue de Fontvieille, la Tête de Chien sera toujours visible. Nous avons fait en sorte de préserver ce point de vue urbain, à vie. »
L’entrée basse de la Principauté, au niveau de Cap-d’Ail sera remodelée pour fluidifier le trafic. Visuel Square Architecte-François Lallemand /MVRDV.
Quatre niveaux logistiques et techniques enterrés
Les travaux préparatoires ont déjà démarré à la frontière avec Cap-d’Ail. Le projet de bâtiment servant de socle sur cet îlot Charles-III comporte trois niveaux en superstructure et quatre niveaux en sous-sol de grande hauteur. Le tout pour loger différentes activités industrielles façon millefeuille.
Et l’entreprise n’est pas mince pour agir autour de ce nœud de circulation où se croisent constamment des flux automobiles. « Nous allons régler tous les problèmes de voirie d’entrée de ville, du cimetière, du tunnel Albert II », promet l’architecte François Lallemand.
Une parcelle du cimetière englobée
Au niveau actuel, les voies de circulation seront redessinées pour rejoindre le cœur de la Principauté ou entrer dans le cimetière. Une parcelle communale du cimetière sera d’ailleurs l’objet d’une loi de transfert avec l’État. La commune cédant le parking bas et les espaces attenants pour asseoir le projet.
La station-service et le poste de police, voisins du cimetière, sont également repositionnés sur le tracé de circulation.
Depuis le tunnel Albert II, les poids lourds seront connectés directement par un nouvel accès au niveau -2 où ils pourront accéder aux équipements techniques. Et ils sont nombreux dans les entrailles du socle qui doit abriter sur 29.000 mètres carrés notamment une déchetterie, la centrale chaud/froid, un atelier de traitement des boues, un centre de distribution urbaine, un espace pour approvisionner la centrale à béton de l’entreprise EMT.
Une gare pour le futur accès Brasca
Plusieurs équipements prévus dans ce socle seront connectés – dans un deuxième temps – avec le futur centre de traitement et de valorisation des déchets (CTVD) dont la construction est prévue au-dessus du socle.
Enfin, dans l’ensemble, un emplacement est aussi pensé en sous-sol, capable un jour d’accueillir une gare pour l’éventuelle liaison rapide et souterraine imaginée depuis la zone de la Brasca à Èze.
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