Du 9 octobre au 20 décembre, Hélène Fastré a pris congé de ses élèves de l’école du Sacré-Coeur de Statte (Huy) pour emmener ses deux enfants à la découverte du Sénégal. Un pays qu’elle connaît bien pour y avoir notamment enseigné puis travaillé pour une ONG après avoir effectué son mémoire en sciences de l’éducation sur la scolarisation des filles en 2006. « De retour d’un voyage avec des amis en 2014, nous avons lancé un projet de soutien à l’école Édouard Diata située à Oussouye en Casamance et où j’ai effectué mon mémoire en 2006, évoque la Wanzoise. On a financé leurs besoins en infrastructure et matériel notamment en vendant des poulets bio élevés par mon frère. J’ai profité de ce voyage avec mes enfants pour quelque part clôturer le projet en investissant les 3 500 € qu’il nous restait en caisse. Cela concernait la propreté des sanitaires, la vétusté des tableaux, et l’achat de matériel scolaire sur place pour faire tourner l’économie locale. »
Riches échanges
Pour Augustin (9 ans) et Célestine (6 ans), la découverte d’une nouvelle culture aura été totale après un temps d’adaptation à la météo sénégalaise (40 degrés et 80% d’humidité). « C’était aussi le but de ce voyage, continue leur maman. Ils ont pu découvrir un autre style de vie. Une vie au ralenti où on prend plus de temps pour être avec les gens. » La vie à l’école s’y déroule aussi à un autre rythme sans tableau digital… Après leurs devoirs du matin qu’ils recevaient de leurs institutrices hutoises par internet, Augustin et sa sœur ont pu s’y immerger. « Avec maman et Célestine, on avait préparé une petite pièce de théâtre avec des marionnettes pour présenter aux enfants sénégalais les différences entre la Belgique et leur pays, explique Augustin. C’est l’histoire d’un jeune Sénégalais qui rêve qu’il vient chez nous et découvre les frites, l’Atomium, le ramassage des déchets, les homes pour les personnes âgées. » À plusieurs reprises, le trio est aussi entré en visioconférence avec les copains hutois pour leur montrer ce qu’est l’école « à la sénégalaise ». De riches échanges prolongés au contact de la population locale dans des jeux en pleine nature, des repas typiques (thieboudienne), une lessive à la main au puits, une partie de pêche, la découverte de la flore et de la faune (les singes, vaches et cochons en totale liberté), au gré d’un périple long de 2000 km. « On est allé acheter des tissus sur le marché avant de passer chez le tailleur qui nous a fait des robes », témoigne Célestine qui maîtrise déjà quelques mots en diola, le dialecte local.
Et les rituels locaux
Les Wanzois ont aussi rencontré le roi à la tête des 17 villages d’Oussouye. « Tout de rouge vêtu, il vit dans la forêt sacrée et on ne peut s’y rendre qu’accompagnés d’un initié », souligne Aurélien, le papa qui a rejoint les siens en cours de séjour. C’est que l’Afrique est une terre de croyances et de rituels. Comme ce tam-tam téléphonique, arbre creusé que l’on frappe uniquement pour faire résonner à des kilomètres à la ronde les annonces des naissances et décès.
Alors, prêts à retourner au Sénégal ? « J’ai une technique. Quand il fera froid en Belgique, j’irai là-bas. Et quand il fera chaud, je reviendrai », projette déjà une Célestine toujours coiffée de ses tresses africaines avant de clôturer cette année 2023 assurément inoubliable. Et à la rentrée, c’est les copains de classe de Statte qui auront droit à des exposés.
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