Yaya Banana, l’international camerounais qui a signé à l’AS Trouville-Deauville

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1. Ses débuts dans le foot et sa carrière en club

Comment avez-vous débuté votre carrière professionnelle à Tunis ?

J’ai commencé au Cameroun dans un centre de formation à Yaoundé. Très jeune, j’ai été repéré par l’équipe nationale du Cameroun qui faisait des détections. À 17 ans, j’ai fait mes débuts avec les U20 du Cameroun. J’ai participé à la CAN U20 au Rwanda en 2009, où on est allé jusqu’en finale.

Après ce beau parcours, j’ai eu pas mal de sollicitations. J’ai choisi l’Espérance de Tunis et après une année d’observation, j’ai saisi ma chance. J’ai pu gagner le championnat, la CAF (Ligue des champions en Afrique) et la coupe de Tunisie. J’ai même été nominé dans l’équipe type de la CAF cette année-là. 

Vous signez à Sochaux en janvier 2012. Comment s’est passé votre passage là-bas ?

Le club avait besoin de moi parce qu’à la moitié de cette saison, on était mal classé en Ligue 1. Mais on s’est sauvé avec un but à la dernière minute contre Marseille. C’était une belle expérience pour moi. 

Mais il y a un changement d’entraîneur la saison suivante et je n’ai plus trop joué. J’ai demandé à partir en prêt à Lausanne, en Suisse. Ça s’est très bien passé et à mon retour, Sochaux venait de descendre en Ligue 2 et a dû résilier certains joueurs, dont moi. Et je suis donc parti en Grèce. 

Lors de son passage à Lausanne. ©Ludovic Péron

Pourquoi le choix de la Grèce ? 

Mon agent m’en a parlé et j’avais des connaissances dans ce championnat. En Superleague grecque, il y a beaucoup d’étrangers, de joueurs issus du championnat français. Je suis allé à Platanias, une île grecque. C’est un bon club familial où j’ai pris beaucoup de plaisir. Après trois ans là-bas, à la fin de mon contrat, j’ai signé à Olympiakos, un club connu de tous. Mais il y avait un gros effectif à Olympiakos donc j’ai voulu être prêté pour avoir plus de temps de jeu et continuer sur ma lancée. J’ai trouvé un club qui s’appelle Panionios, qui se trouve aussi à Athènes. J’ai pu jouer en Europa League cette saison-là.

Comment vous êtes-vous retrouvé, un an plus tard, en Jordanie ?

Après une bonne CAN en 2019, j’ai eu pas mal de sollicitations. Mais elles ne m’intéressaient pas donc j’ai préféré rentrer en France pour continuer à travailler et attendre le mercato d’été 2020. Mais le Covid a tout changé. C’était donc difficile pour moi de trouver un club. J’en ai trouvé un en Jordanie, où ça s’est bien passé. Après un an là-bas, je suis rentré en France avant de repartir en Inde, dans un grand club indien qui avait besoin de moi et je les ai donc aidé à terminer la saison. 

2. Ses souvenirs en sélection du Cameroun

Vous avez rapidement évoqué votre participation à la CAN 2019. Quel souvenir en gardez-vous ?

Avant cette CAN 2019, j’ai participé à deux CAN U20, en 2009 et 2011, où j’ai malheureusement échoué en finale à chaque fois. En 2009, c’était face au Ghana d’André Ayew et face à l’Égypte en 2011.

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Participer à cette CAN en 2019, c’était une fierté, l’accomplissement de beaucoup de sacrifices. Représenter son pays dans une telle compétition, il n’y a pas mieux pour un footballeur. Malheureusement, le parcours de notre équipe n’a pas abouti au titre, que le Cameroun avait gagné en 2017. 

Vous avez même joué un match face au Brésil de Neymar …

Oui c’était un match amical en 2018 en Angleterre. C’était une très belle expérience face à une équipe avec toutes ses stars : les Neymar, Firmino, Marquinhos. C’était un très bon match qu’on a malheureusement perdu 1-0. On ne méritait pas vraiment de perdre. C’était enrichissant.

3. Son arrivée à l’AS Trouville-Deauville

Comment êtes-vous entré en contact avec l’ASTD ?

Au mois de septembre, je suis venu m’installer à côté du Havre, chez de la famille qui habite à Fontaine-la-Mallet. On a un grand frère, Ghislain Nokam Talom, qui est docteur et habite à Deauville et travaille au Havre. Il est aussi dans le foot ici, et donc je lui ai expliqué ma situation et lui ai demandé s’il y avait moyen de trouver un club. C’est de là qu’il m’a parlé de Deauville qui permettrait de les aider et de me maintenir en forme en même temps. Ça peut être un contrat gagnant-gagnant. Et puis à côté, il existe des clubs comme Le Havre, Caen. Ça pourrait me valoriser. Il m’a donc mis en contact avec le club. 

J’ai accepté de venir apporter mon expérience et de les aider dans leur ambition de monter en N3. Et moi de montrer aux clubs de Normandie que je suis là. 

Yaya Banana lors d'un match avec l'ASTD.
Yaya Banana lors d’un match avec l’ASTD. ©Philippe Dalisson

Vous avez joué dans plusieurs clubs professionnels, dans le monde entier. Vous avez dû faire un effort financier pour signer à l’ASTD ?

Dès qu’on m’a présenté le projet, le financier n’était même pas un souci. Vous imaginez qu’avec mon parcours, ce n’est pas pour le côté financier que j’ai accepté de venir à Deauville. Je ne vais pas trop entrer dans les détails, mais si je me suis retrouvé dans cette situation-là, c’est que j’ai fait confiance aveuglément à des gens qui m’ont conduit dans cette situation actuelle. Et dans ce milieu du foot, quand tu es africain, tu n’es pas trop soutenu et tu peux vite te retrouver dans cette situation-là. Moi, ça ne me gêne pas de venir ici à Deauville pour apporter mon expérience et rebondir par la suite.

Comment se passent vos débuts avec l’ASTD ? 

C’est un football amateur, ce n’est pas ce que j’ai connu durant mon parcours, mais je suis arrivé avec beaucoup d’humilité. Ça se passe très bien pour le moment. Nous sommes à 3 victoires en 3 matchs depuis mon arrivée (une défaite a eu lieu depuis : 2-1 face à Maladrerie). On ne peut pas rêver mieux.

SON CV : 

2009 à 2012 : Espérance de Tunis (Tunisie)

2012/2013 : FC Sochaux

2013/2014 : Lausanne (Suisse)

2014 à 2017 : Platanias (Grèce)

2017 à 2019 : Panionios (Grèce)

2022/2023 : Shabab Al-Ordon (Jordanie)

2023/2024 : Bengaluru FC (Inde)

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