Dans le rapport du groupe d’experts des Nations unies sur Haïti publié le 18 octobre, l’ancien sénateur de l’Artibonite et ex-président du Sénat Youri Latortue, est pointé du doigt pour des liens présumés avec des gangs armés. Dans une note dont la rédaction du journal a eu une copie, le dirigeant politique réagit aux accusations de l’ONU, les rejetant en bloc « parce qu’ils ne reflètent pas la vérité », lit-on dans la note.
« J’ai pris connaissance du rapport de l’ONU daté du 15 Septembre 2023, qui m’accuse de faits choquants que je rejette en bloc parce qu’ils ne reflètent pas la vérité. Je déclare publiquement être disponible pour fournir les clarifications sur toutes les allégations faites contre moi. », se défend Youri Latortue déclarant aussi que son droit d’être entendu lui a été jusqu’ici refusé, mais accordé à d’autres.
L’homme politique dit réclamer l’opportunité d’être entendu par les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, mais surtout l’ONU, « bastion des droits de l’homme », dit-il. Latortue se dit déçu de constater que le groupe d’experts onusiens reprennent dans le rapport « des rumeurs véhiculées par des adversaires et même des bandits ; sans m’avoir rencontré et sans avoir tenu compte des ennemis que l’ampleur des rapports anti-corruption que j’ai eu à produire, me valent. ».
L’ancien numéro un du Sénat haïtien argue qu’il est le premier à avoir écrit à la police, précisément le Commissaire Castro, Directeur départemental de son département dans un courrier en date du 3 janvier 2020 demeuré sans réponse, pour combattre l’expansion des gangs dans le département de l’Artibonite, alors que le rapport onusien dit qu’il aurait financé le gang « Kokorat san ras ». « Pour information, je ne connais pas les membres du dit gang, et ne sais même pas qui en fait partie. Je n’ai jamais eu de contact, ou aucune autre forme d’échange avec ce gang. », s’est-il défendu.
Quant à l’accusation des experts onusiens affirmant que Latortue aurait financé le chef du gang G9 en famille et alliés, Jimmy Cherizier à hauteur de 30 000 dollars américains, le dirigeant de parti politique dit n’avoir de rapport ni près ni de loin avec l’ancien policier devenu chef de bande criminelle, ajoutant que « les attaques verbales faites par lui à plusieurs reprises contre moi devraient témoigner du fait que nous ne sommes pas du même bord ».
L’homme de loi fait cependant référence à une demande faite en 2017, par un Comité, dont le policier Jimmy Cherizier faisait partie, pour une contribution (en œufs) à un projet communautaire de championnat d’été à Delmas 6. Il précise qu’à cette époque, Jimmy Cherizier était un policier actif, et sans histoire, de la Police Nationale d’Haïti. « J’ai facilité la contribution en œufs (à partir de mon programme social qui distribue une partie de la production de la Ferme Latortue aux nécessiteux). Ces œufs devaient être distribués par le Comité de jeunes que je pensais aider, comme je le fais souvent. », soutient-il.
En ce qui a trait aux accusations onusiennes faisant croire qu’il finance les bandits armés du quartier de Raboto aux Gonaïves, l’ex Sénateur artibonitien précise qu’il n’a jamais armé Raboto; que si Raboto était armé comme on veut le faire croire, Raboto serait une zone de non-droit comme les autres zones armées. « Aussi, afin que nul ne l’ignore Raboto ne pratique pas le kidnapping ; d’ailleurs c’est à Raboto aux Gonaïves que siègent toutes les activités commerciales de la ville: banques, restaurants et autres. Donc, ficher Raboto comme une zone de non-droit est une démarche entreprise par des acteurs souhaitant m’épingler par de fausses accusations. », poursuit le propriétaire de la ferme Latortue, après avoir rappelé qu’il est originaire de ce quartier gonaïvien et qu’il y restera attaché, mais que la stigmatisation malhonnête dont sont victimes les originaires de Raboto par ses opposants a fait son chemin dans le rapport onusien.
Plus loin, Youry Latortue rejette d’un revers main l’information faisant croire que sa sécurité est assurée par des membres de gangs armés, affirmant qu’il est sécurisé soit par des agents de sécurité ayant reçu un certificat de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).
« Ce n’est pas la première fois que des amalgames sont faits, et pourtant lorsqu’un de mes gardes du corps a été assassiné, c’est passé sous silence. Trois ans plus tard, mon courrier pour demander une enquête à la police nationale, est encore sans réponse ; et aucune enquête n’a été menée par la Police. », martèle le politicien.
Youri Latortue conclut sa note en réfutant les conclusions du rapport du groupe d’experts des Nations unies le concernant, ajoutant : « Je vais aujourd’hui même, demander à mes avocats de prendre les mesures qui s’imposent pour écrire au Comité d’Experts et faire valoir la vérité. ».
Rappelons que le rapport des Nations unies accuse l’ex-président du Sénat haïtien d’exercer un contrôle significatif sur la vie politique et économique du département de l’Artibonite en ayant recours à des gangs, tels que celui de Raboto mais aussi le gang Kokorat Sans Ras, qu’il finance et arme, ajoutant que l’homme de loi a recours à des membres de gangs pour assurer sa protection rapprochée.
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